Le commissaire européen à la Défense suggère que les États-Unis luttent contre l’unité européenne
La stratégie de sécurité nationale américaine dévoilée la semaine dernière montre clairement que les États-Unis considèrent une Europe unie comme une menace et sont prêts à la combattre, a écrit mercredi 10 décembre le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, dans un article en ligne.
L’administration américaine a dévoilé vendredi dernier (5 décembre) sa stratégie de sécurité nationale, qui critique largement le mode de vie européen et les priorités du continent. Selon ce document, la « grandeur européenne » doit être restaurée et le continent souffre d’un déclin économique et de la « perspective sombre d’un effacement civilisationnel ».
Sur son blog personnel, Andrius Kubilius déclare avoir compris, à la lecture du document américain, que les États-Unis considèrent que toute unité du continent européen va à l’encontre de leurs intérêts nationaux et que l’administration Trump « va lutter contre l’unité européenne ».
Le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau a confirmé ces inquiétudes en affirmant que le programme de l’UE était « totalement défavorable aux États-Unis » et n’aidait pas le président américain Donald Trump dans sa lutte d’influence avec la Chine.
Au début de chaque mandat présidentiel, la stratégie de sécurité nationale jette les bases des priorités et des politiques à venir de l’administration. Parmi celles-ci figure la Global Posture Review, qui définira notamment la force future des troupes américaines. On s’attend généralement à ce que les États-Unis retirent davantage de troupes du sol européen.
Selon le commissaire Kubilius, l’approche des États-Unis en matière de sécurité nationale consiste à refuser à tout pays une position dominante sur chacun des continents, ce qui place l’UE dans leur ligne de mire.
Une version plus longue et non publiée de la stratégie citait l’Autriche, la Hongrie, l’Italie et la Pologne comme des pays avec lesquels il fallait travailler en étroite collaboration pour « les éloigner de l’[UE] », a rapporté le média Defense One.
Le commissaire espère qu’il « y aura suffisamment de prudence sur le sol américain pour ne pas lutter contre la puissance émergente de l’unité européenne ».