Le conflit s'intensifie entre la Turquie et l'UE au sujet de Chypre [FR]

Quelques jours après l'ouverture du premier chapitre des négociations, le refus d'Ankara de reconnaître Chypre envenime de plus en plus les relations entre l'UE et la Turquie. 

Quelques jours après l’ouverture du premier chapitre des négociations, le refus d’Ankara de reconnaître Chypre envenime de plus en plus les relations entre l’UE et la Turquie. 

Le refus de la Turquie de reconnaître l’île de Chypre et de se conformer aux obligations à l’égard de cet Etat membre dans le cadre de l’union douanière risque de faire échouer le processus d’adhésion, quelques jours après le lancement des négociations d’adhésion détaillées le 12 juin 2006.

La déclaration du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, selon laquelle il préférerait suspendre les négociations que de faire des concessions sur la question chypriote, a illustré le durcissement du conflit : « Tant que les Chypriotes turcs resteront isolés, nous n’ouvrirons ni nos ports ni nos aéroports. Tant pis si les négociations [avec l’UE] s’arrêtent. »

Certains dirigeants européens ont répondu sur le même ton. Le président français Jacques Chirac a ainsi déclaré : « Il est évident que si  [la Turquie] ne remplit pas ces conditions, elle mettra en cause elle-même sa capacité à poursuivre le processus d’élargissement. » Le président du Conseil et chancelier autrichien Wolfgang Schüssel a indiqué pour sa part : « Il faut envisager une autre option que l’adhésion pleine et entière. »

La position inflexible de M. Erdogan, dont le parti est confronté à des élections dans les 18 mois à venir, s’inscrit dans le cadre des pressions nationalistes de plus en plus vives de la part des Islamistes dans son pays. Les Turcs considèrent que l’UE n’aurait pas du accepter Chypre dans ses rangs sans un accord de paix en place.

Le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, devrait s’exprimer devant la Commission Affaires étrangères du PE le 20 juin 2006 au sujet de la candidature d’adhésion de la Turquie. La Commission doit par ailleurs publier en octobre ou novembre 2006 son rapport de suivi sur la Turquie, Chypre étant l’un des principaux points.