Le Danemark exhorte les États-Unis à cesser ses menaces, après de nouvelles déclarations de Trump

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a vivement réagi aux récentes déclarations de Donald Trump sur une possible annexion américaine du Groenland, un territoire semi-autonome rattaché au Danemark.

EURACTIV.com
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La Première ministre danoise Mette Frederiksen. [Getty Images/Kristian Tuxen Ladegaard Berg_SOPA Images_LightRocket]

Dans une interview accordée à The Atlantic et publiée dimanche 4 janvier, le président américain a affirmé que les États-Unis « avaient absolument besoin du Groenland ». Il a également laissé entendre que d’autres pays pourraient faire face à une intervention militaire américaine.

Ces propos ont suscité une réponse particulièrement ferme de la cheffe du gouvernement danois. Dans un communiqué publié dimanche soir, Mette Frederiksen a déclaré vouloir s’adresser « très clairement aux États-Unis ».

« Il est absolument absurde de parler de la nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland. Les États-Unis n’ont aucun droit d’annexer l’un des trois pays du royaume danois », affirme Mette Frederiksen.

Elle a ensuite expliqué que l’ensemble du royaume du Danemark, y compris le Groenland, fait partie de l’OTAN et bénéficie donc des garanties de sécurité de l’Alliance.

Mette Frederiksen a ajouté que les États-Unis et le Danemark avaient déjà conclu un accord de défense qui donnait à Washington « un large accès au Groenland ».

« J’exhorte donc vivement les États-Unis à cesser de menacer un allié historique proche et un autre pays et un autre peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre », conclut-elle.

La veille, Katie Miller, ancienne responsable de l’administration Trump et épouse de l’actuel chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, publiait sur les réseaux sociaux une carte du Groenland parsemée d’étoiles et accompagnée de la mention « BIENTÔT », après l’opération américaine menée plus tôt dans la journée.

Ces nouveaux échanges interviennent quelques semaines après la nomination par Donald Trump d’un envoyé spécial pour le Groenland, une décision qui avait déjà suscité de vives inquiétudes à Nuuk, Copenhague et Bruxelles.

Lors de sa prise de fonction, le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry — désigné pour ce rôle symbolique — avait déclaré sur les réseaux sociaux : « C’est un honneur de servir dans cette mission bénévole visant à intégrer le Groenland aux États-Unis ».

Déjà en 2019, lors de son premier mandat, Donald Trump avait évoqué la possibilité d’acheter l’île stratégique. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le ton s’est durci : le président américain a multiplié les déclarations menaçantes, allant jusqu’à évoquer le recours à la force militaire pour annexer la nation inuite.