Le commissaire européen à l’Énergie au Groenland en quête de ressources stratégiques
Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie, sera au Groenland mardi 23 septembre pour visiter une mine de graphite et rencontrer la ministre de l’Énergie. Sa visite intervient dans un contexte de forte compétition internationale pour les ressources stratégiques de l’Arctique.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait ouvert l’an dernier un bureau de l’UE dans la capitale, Nuuk, juste avant que le président américain Donald Trump n’entame son deuxième mandat à la Maison-Blanche avec de nouvelles discussions sur l’annexion du Groenland, un territoire autonome danois.
Dan Jørgensen, lui-même danois, arrivera au Groenland après sa participation aux débats de l’ONU à New York, en préparation de la COP30 de novembre. Il visitera la mine de graphite d’Amitsoq et rencontrera la ministre groenlandaise de l’Énergie, Naaja Nathanielsen, a confirmé un responsable de la Commission à Euractiv.
Le projet, exploité par la société britannique GreenRoc Mining, a été qualifié de stratégiquement important pour l’Europe par la Commission européenne, qui cherche à réduire la dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers peu fiables pour toute une série de matières premières essentielles à la transition énergétique et numérique.
Riche en minéraux, mais peu exploité
Bien que l’île soit riche en nombreux minéraux de ce type et ait été historiquement le seul fournisseur mondial de cryolite, le Groenland a eu du mal à lancer son industrie minière.
Le commissaire européen devrait également visiter la centrale hydroélectrique de Buksefjorden, qui est développée avec l’aide d’un financement de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Au début du mois, la Commission européenne a proposé de doubler le soutien financier accordé à Nuuk dans le cadre du prochain budget septennal de l’UE (2028-2034). Bruxelles est déjà le deuxième contributeur externe au budget du Groenland après Copenhague.
Bien que Dan Jørgensen soit le premier haut responsable de la Commission à visiter le Groenland depuis janvier, plusieurs dirigeants européens s’y sont rendus cette année, dont le président français Emmanuel Macron. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, prévoit également un déplacement sur l’île dans le courant du mois.
Le moment choisi pour la visite de Dan Jørgensen est délicat. Au cours de l’année écoulée, le Groenland est devenu de plus en plus le point central d’une querelle géopolitique déclenchée par les efforts de Washington pour renforcer ses activités de contrôle et de surveillance et augmenter les investissements américains.
Le Groenland et le Danemark ont affirmé à plusieurs reprises que le territoire arctique n’était pas à vendre, envoyant ainsi un message clair selon lequel sa souveraineté et son autonomie devaient être respectées.
La semaine dernière, le Danemark a mené un exercice militaire sur l’île enneigée, auquel ont participé des troupes allemandes, françaises, suédoises et norvégiennes.
Par ailleurs, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen doit s’adresser au Parlement européen à Strasbourg le 8 octobre.
(asg)