Le Danemark ouvert à une augmentation du budget de l’UE
Le Danemark ne s’opposera pas à une augmentation du prochain budget à long terme de l’Union européenne, ni à l’émission de nouvelles dettes communes, a déclaré mardi 17 juin l’ambassadeur danois auprès de l’UE.
Le Danemark ne s’opposera pas à une augmentation du prochain budget à long terme de l’Union européenne, ni à l’émission de nouvelles dettes communes, durant sa présidence du Conseil, a déclaré Carsten Grønbech-Jensen, l’ambassadeur danois auprès de l’UE, mardi 17 juin.
Carsten Grønbech-Jensen a expliqué que les « défis géopolitiques », notamment la guerre menée par la Russie en Ukraine, imposent au Danemark de ne plus « rester dans son coin », aux côtés des États membres traditionnellement frugaux lors des négociations sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) – le budget septennal de l’UE.
Cette position fait suite à l’annonce récente de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, selon laquelle le Danemark quitte le groupe des quatre pays dits « frugaux » — qui comprend également la Suède, l’Autriche et les Pays-Bas.
« Nous veillerons toujours à ce que l’argent du budget de l’UE soit bien dépensé et à ce que nous fixions des priorités », a expliqué l’ambassadeur danois, dont le pays assumera la présidence tournante du Conseil pour six mois à compter du 1er juillet. « Mais vous ne nous entendrez pas dire que nous voulons un budget de 1 % [du PIB annuel], que nous n’accepterons aucune augmentation budgétaire et que nous excluons d’emblée certaines sources de financement telles que la dette commune », a-t-il ajouté.
Cette prise de position intervient à quelques semaines de la présentation par la Commission européenne de sa proposition pour le CFP 2028-2034, attendue les 16 et 23 juillet. L’exécutif européen devrait y recommander un budget supérieur à 1 % du PIB de l’UE, afin notamment de répondre à la menace militaire croissante posée par Moscou.
Bruxelles devrait également suggérer de recourir de nouveau à la dette commune, à l’image de ce qui a été fait pour le fonds de relance post-Covid.
Parallèlement, les inquiétudes augmentent quant à la capacité de l’Europe à combler son retard d’investissement face aux États-Unis et à la Chine, une fois que le fonds de relance de 650 milliards d’euros aura pris fin l’an prochain.
La France, deuxième économie de l’UE, plaide depuis longtemps pour un budget européen plus ambitieux. Mais l’Allemagne, premier contributeur au CFP, y reste fermement opposée. Un document de position allemand indique qu’il n’y a « aucune raison » d’augmenter les contributions budgétaires des États membres.
Carsten Grønbech-Jensen a également averti que les niveaux élevés de déficit et de dette des États membres de l’UE rendront « vraiment difficile » l’augmentation du budget, ajoutant que les investissements les plus critiques devraient provenir en grande partie du secteur privé grâce à une plus grande intégration des marchés des capitaux.
Il a par ailleurs précisé que, sous présidence danoise, les discussions au Conseil se concentreraient davantage sur la structure du budget que sur son volume.
« Je ne pense pas que nous allons nous engager dans des discussions approfondies sur les chiffres pendant la présidence danoise, cela sera pour plus tard », a-t-il déclaré. « Et ce sera sanglant, comme toujours. »
[Édité par Anne-Sophie Gayet]