Le dirigeant turc demande à l’OTAN de protéger sa frontière avec la Syrie
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdo?an, a évoqué aujourd’hui (12 avril) la possibilité de faire appel à ses alliés de l’OTAN pour protéger sa frontière, après que des réfugiés syriens qui avaient rejoint un camp sur le territoire turc ont été pris pour cible.
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdo?an, a évoqué aujourd’hui (12 avril) la possibilité de faire appel à ses alliés de l’OTAN pour protéger sa frontière, après que des réfugiés syriens qui avaient rejoint un camp sur le territoire turc ont été pris pour cible.
Le journal turc Hurriyet a cité M. Erdo?an affirmant que l'OTAN se devait de protéger les frontières du pays conformément à l'article 5 du pacte de défense de l'Atlantique Nord qui prévoit une réponse commune à une attaque perpétrée sur le territoire d'un Etat membre.
Ankara a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d'adopter une résolution qui protégerait le peuple syrien, dans la mesure où selon lui, Damas n'a pas respecté sa promesse quant au retrait de troupes et a intensifié la répression.
Des coups de feu attribués aux forces syriennes ont été entendus dans des camps frontaliers en Turquie deux fois cette semaine. Plusieurs personnes auraient été blessées. La Turquie héberge près de 25 000 réfugiés syriens qui ont fui la violence dans leur pays.
Damas avait accepté la date butoir du 10 avril proposée par le Conseil de sécurité pour le retrait des troupes des villes syriennes et la fin de l'utilisation d'armes lourdes contre les civils. Cette date butoir devait être suivie par un cessez-le-feu entre l'armée syrienne et les forces de l'opposition aujourd'hui (12 avril), mais les combats se sont poursuivis.
Lors d'une conférence de presse mercredi à Téhéran, Kofi Annan, l'émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe, a demandé à l'allié de longue date du président syrien Bachar al-Assad, l'Iran, de contribuer à la résolution du conflit. Il a en outre affirmé que les conséquences seraient terribles si la situation continuait d'empirer.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, cité par l'agence de presse nationale IRNA, a réclamé la fin des violences, mais il a accusé les puissances de l'OTAN d'avoir des ambitions expansionnistes au Moyen-Orient. Il a ajouté que son allié syrien ne devrait pas être mis sous pression.
« L'OTAN n'a pas honte d'affirmer vouloir dominer la région et elle essaye d'étendre sa domination à l'est », aurait déclaré M. Ahmadinejad, cité par IRNA. « La mise en oeuvre de tout plan en Syrie ne devrait impliquer aucune pression ou interférence et tous les actes de violence devraient prendre fin », a-t-il martelé.
L'Iran soutient la Syrie, le seul pays arabe à l'avoir soutenu lors de sa guerre contre l'Irak de 1980 à 1988. La Syrie sert également de pays intermédiaire pour l'acheminement des armes iraniennes vers le mouvement chiite musulman du Hezbollah au Liban.
La Syrie, où la minorité alaouite d'origine chiite de Bachar al-Assad domine une majorité de sunnites, est la scène d'une lutte régionale aux accents sectaires entre l'Iran chiite et ses rivaux arabes sunnites soutenus par l'Occident et menés par l'Arabie saoudite.
Bataille diplomatique
Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que M. al-Assad n'avait pas respecté les conditions approuvées par le Conseil de sécurité la semaine dernière : « Je me sens immensément frustré, car le monde entier s'était rangé derrière ce plan élaboré par Kofi Annan », a-t-il déclaré à la BBC.
« Ce plan n'est pas seulement soutenu par ceux d'entre nous qui souhaitent qu'une action soit menée en Syrie, il a également le soutien de la Chine et de la Russie. Et malgré cela, Bachar al-Assad s'en moque. »
Les dirigeants occidentaux qui sont intervenus pour aider les rebelles à renverser Mouammar Kadhafi en Libye l'an dernier rechignent à faire de même pour la Syrie. En effet, M. Cameron a affirmé que les efforts occidentaux se borneraient surtout à persuader Moscou et Beijing d'accepter l'application de sanctions plus strictes.
« A présent, il est temps de dire aux Russes et aux Chinois : « Regardez à qui on a affaire, regardez la manière dont il se comporte » », a expliqué M. Cameron. « Nous devons nous réunir à nouveau au sein de l'ONU et intensifier les pressions, resserrer l'étau. »
Le Conseil national syrien de l'opposition souhaite également qu'un ultimatum international soit posé si la paix ne peut être rétablie.
La Russie et la Chine, alarmées par la manière dont la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye avait mené à une intervention militaire contre un Etat souverain, ont opposé leur véto à d'éventuelles mesures contre le régime syrien. Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Ligue arabe ont tout de même été de l'avant en imposant leurs propres sanctions.