Le FMI a besoin de 600 milliards de dollars pour jouer son rôle de pare-feu
Tandis que le spectre d’une récession dans la zone euro menace la croissance mondiale, l’institution de Washington étudie plusieurs options pour augmenter sa capacité de prêt.
Tandis que le spectre d’une récession dans la zone euro menace la croissance mondiale, l’institution de Washington étudie plusieurs options pour augmenter sa capacité de prêt.
Aide-toi et le ciel t’aidera, conseillent à la zone euro Londres et Washington, qui s’opposent à un renflouement du FMI pour apporter un soutien à ses membres.
Mais la dégradation du mécanisme de sauvetage européen (FESF) par l’agence Standard & Poor’s, lundi 16 janvier, vient encore diminuer la capacité des Européens à se sortir eux-mêmes de l’impasse dans laquelle ils se trouvent depuis trois ans.
1000 milliards
Dans ce contexte, le Fonds monétaire international (FMI) apparaît toutefois comme un soutien inestimable. Selon des informations de Reuters, l’institution de Washington estime cependant qu’il lui faudrait 600 milliards de dollars (468 milliards d’euros) de ressources supplémentaires pour pouvoir prêter aux pays de la zone euro en difficulté, dont 100 milliards seraient utilisés comme un « matelas de protection ».
Des sources au sein du FMI ont par ailleurs ajouté que, si la situation économique mondiale venait à se détériorer considérablement, les besoins s’élèveraient à 1 000 milliards de dollars sur les deux prochaines années.
La capacité de prêt actuelle du FMI est d’environ 380 milliards de dollars. Quant aux 150 milliards d’euros que les États de la monnaie unique se sont engagés à lui apporter, mi-décembre, ils seraient comptabilisés dans les 600 milliards.
Contribution des émergents
Le FMI étudie à ce stade plusieurs options en matière de financement et un porte-parole a déclaré qu’aucune précision ne serait communiquée « avant les consultations nécessaires ». Une solution évidente est de faire appel aux pays émergents, comme la Chine et le Brésil. Ces derniers se disent prêts à contribuer au renflouement de l’institution en échange d’une augmentation de leurs droits de vote dans les organes de décision.
Cette option pourrait avoir été évoquée, mercredi 18 janvier, lors de la réunion des conseillers des ministres des Finances et des banquiers centraux du G20 à Mexico. Mais aucune décision ne sera prise avant février, lors de la rencontre programmée entre les ministres et les banquiers centraux du G20.
Croissance revue à la baisse
Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale prévient que le dynamisme des pays émergents pourrait être plombé par la récession en Europe. Ces derniers doivent, selon elle, s’attendre à un ralentissement de leur économie, notamment l’Inde et le Brésil. Le FMI a également annoncé qu’il pourrait revoir ses prévisions de croissance mondiale à la baisse, le 24 janvier prochain.
Une dégradation de la situation économique pourrait conduire davantage de pays à faire appel au Fonds. Lundi 16 janvier, le directeur général adjoint du FMI, David Lipton, a estimé que les pays asiatiques pourraient jouer un rôle d’amortisseur important si le scénario d’un ralentissement économique mondial devait se matérialiser. « En travaillant ensemble de façon plus étroite, l’Asie et le Fonds peuvent contribuer à soutenir la croissance économique » a-t-il déclaré.