Le FMI critique les discussions peu concluantes sur l'euro

Le FMI a critiqué l'approche décousue de l'UE pour sauver la monnaie européenne de la contamination dans la mesure où les discussions ministérielles à Bruxelles n'ont apporté aucun secours aux pays souffrant de problèmes de dette souveraine (7 décembre).

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Le FMI a critiqué l'approche décousue de l'UE pour sauver la monnaie européenne de la contamination dans la mesure où les discussions ministérielles à Bruxelles n'ont apporté aucun secours aux pays souffrant de problèmes de dette souveraine (7 décembre).

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, n’est pas parvenu à convaincre les ministres des finances de la zone monétaire forte de 16 nations d’accroître la taille de leur filet de sécurité financier (d’une valeur de 750 milliards d’euros) ni la Banque centrale européenne d’intensifier l’achat d’obligations d’Etat.

M. Strauss-Kahn a déclaré que la zone euro doit fournir une solution globale à ce problème, critiquant l’approche fragmentaire.

Les discussions ministérielles tenues hier, visant à protéger la zone euro contre une aggravation de la crise de la dette souveraine, vont continuer demain et la semaine prochaine, alors que les pays préparent un sommet pour secourir l’euro.

Aujourd’hui, des diplomates des 27 Etats membres se rencontrent pour faire le point sur les discussions tenues hier et ouvrir la voie aux discussions de la semaine prochaine portant sur un crédit permanent de l’UE – qui devra être fonctionnel d’ici 2013.

Dans le sillage d’une augmentation possible des renflouements de l’UE au Portugal et en Espagne, les dirigeants de l’UE se rencontreront de nouveau à Bruxelles les 16 et 17 décembre afin d’établir les plans pour un crédit de l’UE et de consacrer les plans de sauvetage comme ceux accordés à la Grèce et à l’Irlande.

La rencontre tenue hier a également marqué le retour des discussions sur les euro-obligations, après que Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroup, et Giulio Tremonti, ministre des finances italien, aient appelé les dirigeants à introduire des obligations communes afin de protéger la monnaie des spéculateurs.

Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a jugé la discussion sur les euro-obligations comme étant hors cible et inutile.

Bien que M. Schäuble n’ait pas catégoriquement rejeté l’idée des pays de la zone euro entrant sur le marché ensemble, il a insisté sur le fait que des taux d’intérêt différents sur les emprunts d’Etat – dictés par le marché – étaient une manière d’imposer une discipline fiscale.

M. Schäuble aurait déclaré au Financial Times Deutschland qu’il envisage un transfert potentiel de la politique fiscale du Bundestag vers une entité de l’UE, dans le cas où d’autres pays seraient prêts à faire de même.

Une source insiste sur le fait que la réticence de l’Allemagne à cette idée, qui entraînerait une modification des traités de l’UE, sonnera son arrêt de mort.

Cette source explique que toute modification de traité exige l’unanimité, et que l’opposition de l’Allemagne aux euro-obligations fournit une réponse à la question.

Selon le plan de M. Juncker et M. Tremonti, les euro-obligations seraient émises par une agence européenne de la dette et celles-ci financeraient 50% de l’ensemble des obligations vendues par les pays de la zone euro – où 100% dans le cas des pays comme l’Irlande et le Portugal.

L’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas, jouissant actuellement de coûts d’emprunts relativement stables, ont été les plus critiques envers les euro-obligations lors des discussions tenues hier.

Les ministres ont en outre approuvé un plan de sauvetage pour l’Irlande, et se sont engagés à lutter contre la fraude fiscale. Ils ont également discuté de la réforme des retraites et de la réglementation bancaire.