Le FMI prône une consolidation budgétaire moins rapide en France

La France devrait réduire les dépenses en 2014 au lieu d’augmenter les impôts afin de ne pas porter atteinte à une reprise encore fragile de l'économie. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit en outre que le taux de chômage continuera de grimper dans la deuxième économie de la zone euro.

EURACTIV.com / Reuters
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La France devrait réduire les dépenses en 2014 au lieu d’augmenter les impôts afin de ne pas porter atteinte à une reprise encore fragile de l'économie. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit en outre que le taux de chômage continuera de grimper dans la deuxième économie de la zone euro.

Dans les conclusions de sa revue annuelle de l'économie française de 2 mille milliards d'euros, le FMI retient toujours comme hypothèse une baisse de 0,2 % du PIB cette année. Même si la France retrouve progressivement le chemin de la croissance au cours du deuxième semestre.

Le FMI prévoit une croissance de 0,8 % en 2014.

« Le rythme de l'ajustement devrait être ralenti en 2014 par rapport à ce qui est actuellement prévu afin de soutenir la reprise. L'effort d'ajustement devrait également être rééquilibré en réduisant les dépenses », peut-on lire dans le rapport du FMI.

Le gouvernement souhaite que l'année prochaine deux tiers de l'effort de stabilisation du déficit budgétaire proviennent de réductions des dépenses et un tiers de recettes supplémentaires. Le FMI recommande toutefois à la France de renoncer à de nouvelles hausses d'impôts.

Le président François Hollande mise sur un redressement du chômage d'ici la fin de l'année grâce à des emplois et des centres de formation subventionnés. Il espère ainsi réduire le nombre de sans-emploi, qui a atteint un record de 3,28 millions en juin.

Il a encore augmenté la mise en faisant de la réduction du taux de chômage la priorité politique de son gouvernement socialiste. « Je serai jugé là-dessus », a-t-il déclaré lors d'un entretien en juillet.

« Ensemble, ces mesures auront une incidence majeure jusqu'à la fin de l'année. Cela se ressentira sur la tendance du chômage », a ajouté une source du gouvernement.

M. Hollande souligne que l'économie française se redresse déjà après deux trimestres successifs de pertes légères. Il reconnaît toutefois que la croissance ne sera pas suffisante pour créer des emplois jusqu'au second semestre de 2014.

Lorsque les écoliers français retourneront sur les bancs de l'école en septembre, ils seront accueillis par 30 000 nouvelles institutrices et assistantes maternelles. Dans de nombreux cas, elles étaient sans emploi. La durée moyenne de ces fonctions publiques passera à douze mois.

Le gouvernement financera également des « emplois d'avenir » pour aider les jeunes non qualifiés entre 16 et 25 ans à trouver un emploi dans les secteurs sanitaires, sociaux ou non commerciaux.

Après un début lent, le gouvernement estime que 2 500 contrats de ce type sont signés chaque semaine. Il s'attend à en atteindre 100 000 d'ici la fin de l'année.

Le FMI est toutefois moins optimiste et estime que le taux de chômage grimpera à 11,2 % en 2013, après 10,2 % en 2012.

Et il culminera à 11,6 % en 2014, avant de chuter légèrement à 11,4 % en 2015.

« Certains signes montrent que la reprise de l’économie française est engagée, mais une impulsion plus forte et plus soutenue est nécessaire pour stimuler l'investissement et la création d’emplois afin de faire baisser le chômage », a indiqué le FMI.

L'institution demande également à la France de réduire davantage les dépenses des autorités locales et d'entreprendre une réforme plus profonde des dépenses sociales.

Le gouvernement envisage d'enregistrer à nouveau un excédent budgétaire structurel en 2016. Le Fonds estime toutefois qu'une année supplémentaire sera nécessaire pour retrouver l'équilibre.