Le Fonds de relance est vital pour la compétitivité de l’UE, selon le chef de l’Eurogroupe
Le Fonds de relance post-Covid est la pièce maîtresse du puzzle qui permettra de financer les principaux objectifs économiques de l’Union jusqu’à ce que les marchés privés soient suffisamment intégrés, a affirmé le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, lors d’un entretien avec Euractiv lundi (13 mai).
Le Fonds de relance post-Covid, doté de plusieurs milliards d’euros, est la pièce maîtresse du puzzle qui permettra de financer les principaux objectifs économiques de l’Union jusqu’à ce que les marchés privés soient suffisamment intégrés, a affirmé le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, lors d’un entretien accordé à Euractiv lundi (13 mai).
S’exprimant avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi, M. Donohoe a déclaré que programme Next Generation EU (NextGenEU), doté de 806,9 milliards d’euros, était essentiel pour stimuler la compétitivité de l’Union, alors que les États membres sont aux prises avec les nouvelles règles budgétaires européennes.
Il a noté que l’instrument NextGenEU, qui devrait s’achever en 2026, permet de « combler le décalage », alors que les négociations sur l’approfondissement de l’Union des marchés de capitaux (UMC), annoncé en 2015, se poursuivent encore aujourd’hui.
« [NextGenEU] pour moi, c’est la pièce du puzzle qui nous permet de concilier la nécessité de normaliser la politique budgétaire tout en donnant une plus grande priorité à l’investissement en capital que nous ne l’avons fait dans le passé », a déclaré M. Donohoe.
Il a également ajouté qu’une question clé sera celle du calendrier avec lequel l’UMC, qui servira à engendrer des économies et donc de l’investissement, sera approfondie. Plus tôt cet approfondissement sera concrétisé, plus cela aura un impact positif sur les performances économiques de l’UE au cours de la décennie.
« C’est pourquoi nous ne devons pas perdre de vue l’importance de Next Generation EU […] comme moyen de combler le fossé temporel [avant l’approfondissement de l’UMC] », a-t-il noté.
Conçu au plus fort de la pandémie de Covid-19 en juillet 2020, NextGenEU offre aux États membres un financement pour réaliser des investissements en échange de réformes ciblées. Il s’agit du tout premier programme de l’UE à être financé par une dette commune des États membres.
Alors que le commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni, a officiellement appelé à en faire « un modèle » d’emprunt commun permanent en avril, le renouvellement du programme est actuellement fortement contesté par les groupes politiques conservateurs ainsi que par les États membres les plus frugaux, dont l’Allemagne.
M. Donohoe a reconnu qu’il n’y avait actuellement « pas de consensus » parmi les ministres des Finances sur la nécessité de réitérer le modèle de NextGenEU.
Cependant, il a suggéré que les analyses futures devraient montrer l’impact global « très positif » de l’initiative.
« La question de savoir s’il devrait y avoir un instrument économique similaire à l’avenir fait partie de la discussion que nous devons mener à bien, et je suis optimiste quant à notre capacité à le faire », a-t-il affirmé.
Une nouvelle compréhension de l’impact des règles budgétaires
Paschal Donohoe a également répondu aux critiques selon lesquelles la mise en œuvre des nouvelles règles budgétaires de l’Union européenne, qui sont entrées en vigueur le mois dernier, pourrait réduire la capacité des Vingt-Sept à réaliser des investissements publics cruciaux.
En particulier, il a déclaré que l’annonce faite par l’Eurogroupe en mars selon laquelle les règles se traduiront « par une orientation budgétaire globale légèrement restrictive dans la zone euro en 2025 », doit être comprise « en fonction de ce qui s’est passé auparavant ».
« Ce dont nous avions parlé précédemment, c’est de la nécessité d’une position restrictive » en 2023 et 2024, a déclaré M. Donohoe en se référant à aux conclusions du Conseil de janvier.
« Je dirais même qu’en appelant à une position de “légère restriction” pour l’année prochaine, plutôt qu’à une position de “restriction”, nous essayons de trouver un juste équilibre », a-t-il poursuivi.
Le président de l’Eurogroupe a affirmé que la formulation plus nuancée des besoins budgétaires de l’Union en 2025 est également liée au fait que le groupe « reconnaît qu’il existe des besoins d’investissement que le secteur public et l’Union européenne sont les mieux placés pour financer ».
La croissance : objectif principal de l’UE pour la prochaine décennie
Les commentaires de l’homme politique irlandais interviennent dans un contexte d’inquiétude croissante quant à l’état de l’économie de la zone euro, alors que les prix élevés de l’énergie, le ralentissement de la demande mondiale, le retard dans la croissance de la productivité et les taux d’intérêt records entravent le taux de croissance de l’Union européenne.
Il a souligné que le « grand défi » de l’UE à l’avenir consistera à concentrer son attention sur la croissance.
« Je pense que depuis longtemps, notre attention s’est portée ailleurs par nécessité », a analysé M. Donohoe, alors que l’Union européenne était confrontée à la pandémie Covid-19 et à la guerre en Ukraine.
« Je pense que le grand défi […] pour l’Union européenne est de veiller à ce que la question » de la croissance de l’Europe et de la vitesse à laquelle elle se développe « reçoive l’attention politique dont elle a besoin au cours de la décennie à venir », a-t-il affirmé.
« Car si nous ne parvenons pas à résoudre ce problème, beaucoup d’autres défis que nous devons relever deviendront beaucoup plus difficiles à relever », a-t-il ajouté.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]