Le G8 s'ouvre sur une candidature européenne au poste de directeur du FMI

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a soutenu la candidature de la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, au Fonds monétaire international, quelques minutes après l'annonce de sa décision lors d'une conférence de presse à Paris aujourd'hui (25 mai).

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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a soutenu la candidature de la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, au Fonds monétaire international, quelques minutes après l'annonce de sa décision lors d'une conférence de presse à Paris aujourd'hui (25 mai).

« Je soutiens pleinement la candidature de Mme Christine Lagarde au poste de Directeur Général du Fonds Monétaire International », a affirmé M. Barroso dans une déclaration, ajoutant qu'elle était « très respectée sur le plan international, notamment comme Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie de la France, membre de l'Eurogroupe et actuelle présidente du G20 Finance ».

La France accueille aujourd'hui un sommet du G8 à Deauville où se rassemblent les pays les plus puissants du monde. L'UE est représentée au G8, mais ne peut ni accueillir, ni présider les réunions.

M. Barroso et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, participent aux réunions du G8.

« C'est un immense défi que j'aborde avec beaucoup d'humilité et en souhaitant recueillir le plus large consensus », a déclaré Mme Lagarde lors d'une conférence de presse à Paris.

Elle a également insisté sur le fait qu'elle était une bonne candidate pour ses compétences et non parce qu'elle provenait de l'UE.

« Etre européenne ne devrait ni être un avantage, ni être un désavantage […] Je ne plaide pas pour ma candidature parce que je suis européenne », a-t-elle déclaré, citée par Bloomberg.

Qualifications économiques

Mme Lagarde est bien connue à Bruxelles où elle a participé à l'élaboration des plans de sauvetage pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal en tant que ministre française des finances.

Elle est également considérée comme la candidate qui assurerait une certaine continuité dans la manière dont le FMI gère la crise de la dette dans la zone euro.

En outre, Mme Lagarde s'est assuré le soutien de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne au cours du week-end et l'annonce de sa candidature aujourd'hui implique que l'approbation officielle de sa candidature en tant que candidate de l'Europe devrait être confirmée bientôt, même s'il n'y a pas de procédure officielle au niveau de l'UE.

« A ma connaissance, il n'existe pas de procédure officielle dans l'UE pour ces questions », a déclaré à EURACTIV un diplomate d'un des grands pays de l'UE. « Cela n'a jamais existé », a-t-il ajouté.

Mme Lagarde, une femme politique de 55 ans de centre-droit qui a été avocate et s'exprime couramment en anglais, a été applaudie pour son habile présidence des réunions des ministres des finances du G20 et ses compétences en communication.

Mais contrairement à Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé de tentative de viol sur une femme de chambre à New York, elle n'est pas économiste et pourrait rencontrer des difficultés pour gérer aussi bien que lui l'économie mondiale », a commenté Reuters.

La Pologne abandonne

L'UE s'est rapidement mise d'accord sur un candidat commun pour remplacer M. Strauss-Kahn.

Vendredi, le premier ministre polonais, Donald Tusk, avait laissé entendre que Leszek Balcerowicz, l'architecte des réformes qualifiées de « thérapie de choc » en Pologne au début des années 1990, pourrait être un bon candidat.

Toutefois, lundi, il est ressorti d'une réunion entre M. Tusk et M. Barroso que Varsovie avait décidé de ne pas pousser son candidat.

Selon les médias, Mme Lagarde s'est déjà assuré le soutien de deux membres clés du G8, la Chine et les Etats-Unis.

Il y a quelques jours, le vice-directeur de la Banque centrale russe, Sergueï Shvetsov, a déclaré qu'un pays en développement devrait se voir donner la chance de diriger le FMI afin de mieux refléter le rôle de ces économies dans le commerce mondial.

Le sommet du G20 de Londres en 2009 avait décidé que le prochain chef du FMI devrait être choisi au mérite (voir « Contexte »).

Cependant, dans la mesure où la stabilisation des pays de la zone euro (Grèce, Irlande et Portugal) est toujours en cours, les dirigeants européens sont rapidement revenus sur leur promesse et ont à nouveau insisté pour que le poste soit réservé à un Européen.