Le gouvernement allemand annonce d’importantes coupes budgétaires pour éviter un futur « iceberg »
Le budget de l’Allemagne pour l’année prochaine prévoit des réductions de dépenses dans tous les domaines, à l’exception de la défense, en prévision de l’augmentation à venir de sa dette, a annoncé le gouvernement mardi, mais les critiques s’inquiètent des « fonds spéciaux » extrabudgétaires qui ne sont pas comptabilisés dans le budget officiel.
Le budget de l’Allemagne pour l’année prochaine prévoit des réductions de dépenses dans tous les domaines, à l’exception de la défense, en prévision de l’augmentation à venir de sa dette, a annoncé le gouvernement mardi (5 septembre), mais les critiques s’inquiètent des « fonds spéciaux » extrabudgétaires qui ne sont pas comptabilisés dans le budget officiel.
La prudence budgétaire et la réduction des emprunts ont été érigées en principe du budget allemand par le ministre des Finances, Christian Lindner, chef de file du parti libéral FDP.
« Il y a un iceberg droit devant, derrière l’horizon […], et nous avons la responsabilité de ne pas attendre qu’il apparaisse devant nous — nous devons changer de cap maintenant », a déclaré le ministre des Finances aux députés mardi, estimant qu’une augmentation significative des remboursements de la dette après 2027 rendait nécessaire la réduction du fardeau financier.
Toutefois, les réductions se sont avérées controversées au sein du gouvernement de coalition tripartite de l’Allemagne. Le chancelier Olaf Scholz (SPD) a dû jouer les médiateurs lorsque plusieurs ministres se sont opposés aux objectifs de réduction des dépenses fixés pour tous les ministères, à l’exception de celui de la défense.
« Ce n’est apparemment pas le projet du gouvernement, mais celui du FDP », a fait remarquer au parlement Matthias Middelberg, un député de la CDU, le parti chrétien-démocrate et plus grand parti d’opposition.
Alors que le budget a été nominalement réduit de 30 milliards d’euros par rapport à 2023, l’opposition a également critiqué un budget en trompe-l’œil croissant de fonds spéciaux qui ne sont pas pris en compte dans le budget fédéral, afin que l’Allemagne adhère formellement au « frein à l’endettement ».
La coalition avait récemment ajouté plusieurs nouveaux fonds pour financer des projets tels que la transition écologique et l’augmentation des dépenses de défense après l’invasion russe. La Cour des comptes fédérale (Bundesrechnungshof), estime que le gouvernement emprunte en réalité quatre fois plus que ce qui est prévu dans le budget initial.
« Il s’agit d’emprunts massifs cachés par des fonds spéciaux », a critiqué Peter Boehringer, député de l’AfD (extrême droite).
L’Allemagne a augmenté ses emprunts ces dernières années pour apporter son soutien lors de la pandémie de Covid-19 et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Pendant cette période, elle a également suspendu le « frein à l’endettement », une disposition constitutionnelle qui plafonne ses emprunts.
2024 sera la deuxième année où l’Allemagne adhère à nouveau au plafonnement, ce que M. Lindner a célébré comme « une sortie de la politique de crise ».