Le gouvernement allemand sort de sa dernière impasse, mais la paix reste fragile
Les Verts allemands et le Parti libéral-démocrate (FDP) de centre droit ont mis fin à leur querelle sur la réforme des allocations familiales, qui bloque depuis plus d’une semaine le gouvernement de coalition du pays en proie à la crise.
Les Verts allemands et le Parti libéral-démocrate (FDP) de centre droit ont mis fin à leur querelle sur la réforme des allocations familiales, qui bloque depuis plus d’une semaine le gouvernement de coalition du pays en proie à la crise.
La ministre de la Famille (Verts), Lisa Paus, avait menacé d’interrompre un plan de relance de la croissance, projet phare du FDP, en raison d’un manque de financement des allocations familiales, ce qui avait déclenché une nouvelle querelle entre les ministres.
Un accord a été conclu avec le ministre des Finances, Christian Lindner, chef de file du FDP, pour mettre en place une version allégée de sa proposition initiale, ont annoncé les ministres lundi (28 août).
« Compte tenu de la situation économique, je suis satisfaite du résultat obtenu aujourd’hui », a déclaré Mme Paus à la presse à Berlin.
« Les négociations ont été difficiles et ce n’est un secret pour personne que je considère qu’il est nécessaire de faire un effort encore plus important pour lutter contre la pauvreté des enfants », a-t-elle reconnu.
L’accord équivaut à une augmentation de 400 millions d’euros du financement de la législation de Mme Paus, M. Lindner ayant déclaré qu’il débloquerait 2,4 milliards d’euros dans le budget 2025. Mme Paus avait initialement demandé 12 milliards d’euros, tandis que M. Lindner prévoyait 2 milliards d’euros.
Ces concessions limitées sont présentées comme une victoire pour M. Lindner, qui a mis en avant un programme de resserrement budgétaire. La pression s’est accentuée sur Lisa Paus, après que Robert Habeck, le ministre de l’Économie et vice-chancelier des Verts, a exprimé son mécontentement face au blocage du plan de relance des entreprises par la ministre de la Famille.
L’accord ouvre la voie à l’adoption du plan de relance de Christian Lindner, qui comprend une série d’allègements fiscaux pour les entreprises, lors d’une retraite gouvernementale au Château Meseberg mardi et mercredi.
Ambiance tendue
Cependant, l’ambiance au sein de la coalition au pouvoir reste tendue après une série de querelles avant et après les vacances d’été, qui ont gravement entaché la réputation du gouvernement.
Lors de la conférence de presse de lundi, le ministre des Finances s’en est pris à Mme Paus, déclarant qu’elle seule pouvait savoir si le plan de relance pouvait être adopté maintenant.
« Sans vous, la loi aurait déjà été adoptée », a lancé M. Lindner à Mme Paus, qui s’est contentée de dire qu’elle n’avait « pas d’objection ».
Un autre conflit se profile déjà à l’horizon, les trois partis de la coalition réfléchissant à la manière de défendre la position de l’Allemagne en tant que site industriel de premier plan.
M. Habeck et les Verts, ainsi que leur principal partenaire de la coalition, le SPD, ont demandé au gouvernement de subventionner les prix de l’électricité pour les industries à forte consommation d’énergie.
La querelle sur les prix de l’électricité n’est pas encore résolue
Jusqu’à présent, Christian Lindner a rejeté cette proposition, préférant préconiser une réforme plus large de la taxation de l’énergie.
Toutefois, le sujet semble reprendre de l’ampleur à la veille de la retraite du gouvernement.
« Je ne veux pas anticiper la réunion du cabinet à Meseberg », a déclaré M. Lindner lorsqu’il a été interrogé sur le sujet lundi.
Rolf Mützenich, chef du groupe parlementaire du Parti social-démocrate (SPD), qui a fait circuler un document de réflexion sur un prix de l’électricité subventionné de 5 cents par kilowattheure pour les industries clés, a demandé lundi à M. Lindner d’abandonner son opposition à ce projet.
« On ne peut pas toujours dire non », a indiqué M. Mützenich, estimant que le FDP devrait avoir intérêt à « maintenir des entreprises compétitives en Allemagne ».
Toutefois, M. Mützenich s’est également montré ouvert aux négociations, affirmant que la proposition de son groupe n’était qu’un « coup d’envoi ».
« Nous n’avons rien contre le fait que d’autres participent en nous montrant d’autres voies », a affirmé M. Mützenich aux journalistes, ajoutant qu’une décision pourrait être prise « dans les prochaines semaines ».