Le gouvernement italien dément toute négociation en cours avec l'opérateur de satellites français Eutelsat

Un porte-parole du gouvernement italien a qualifié de « non fondées » les informations selon lesquelles le pays serait actuellement en négociations avec la société de communication par satellite française Eutelsat. Une déclaration contraire à celle de la PDG d'Eutelsat.

EURACTIV.com
European Council meeting in Brussels
La Première ministre italienne Giorgia Meloni prête à s'adresser à la presse lors d'une réunion du Conseil européen extraordinaire à Bruxelles, le 6 mars 2025. [[EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]]

Un porte-parole du gouvernement italien a qualifié de « non fondées » les informations selon lesquelles le pays serait actuellement en négociations avec la société de communication par satellite française Eutelsat. Une déclaration contraire à celle de la PDG d’Eutelsat, Eva Berneke.

Le gouvernement italien fait l’objet d’une surveillance croissante à la suite d’informations qui confirmerait la conclusion d’un accord pour des communications sécurisées d’urgence et militaires. Ces dernières s’appuieraient sur des constellations de satellites en orbite terrestre basse (LEO). Cette technologie permet une connectivité Internet depuis n’importe quel endroit du globe, ce qui en fait une solution cruciale pour une communication résiliente dans les situations d’urgence.

« Nous sommes en très bonne discussion avec l’Italie et espérons que cela continuera », a déclaré Eva Berneke, la PDG d’Eutelsat le 6 mars dans un entretien accordé à Bloomberg TV.

Pourtant, il n’y aurait pas de discussions en cours avec Eutelsat « ou toute autre entreprise du secteur », selon un porte-parole du cabinet de la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni (ECR), dans un message également partagé avec l’Agence nationale de presse italienne (ANSA).

La réaction du gouvernement italien contredit également Giorgia Meloni elle-même qui, suivant les critiques formulées, a défendu début janvier un accord potentiel avec Starlink d’Elon Musk, en expliquant que les discussions avec SpaceX en étaient à un « stade préliminaire ».

À l’heure actuelle, seules deux entreprises dans le monde proposent une connectivité en orbite terrestre basse par satellite : OneWeb, de la société franco-britannique Eutelsat, et Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX.

En Italie, la confirmation de l’intérêt pour Starlink a suscité de vives réactions de la part des partis de l’opposition, mais aussi au niveau de l’UE. Tous ont fait valoir qu’un tel accord serait insensé sur les plans politique, économique et de la souveraineté.

Toute décision concernant la connectivité par satellite sera prise « dans le plein respect des procédures institutionnelles et avec un maximum de transparence », peut-on lire dans la déclaration du porte-parole du gouvernement italien.

Le même jour, la Chambre des députés italienne a approuvé un projet de loi national sur les dispositions relatives à l’économie spatiale. Les amendements proposés par l’opposition, qui auraient, de facto, empêché l’utilisation de Starlink dans certaines conditions par le biais d’exigences souveraines pour les communications par satellite, ont été rejetés par les députés des partis au pouvoir Fratelli d’Italia (ECR), La Lega (PPE) et Forza Italia (PPE).

Alessia Peretti a contribué à ce reportage.

(sn)