Le gouvernement norvégien veut interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Le gouvernement norvégien souhaite introduire un seuil d’âge minimum de 15 ans pour l’utilisation des réseaux sociaux afin de protéger les enfants des contenus préjudiciables et des « géants de la technologie ».

/ EURACTIV.com
Norwegian Prime Minister Jonas Gahr Store attends the Berlin Security Conference
« C’est un signal assez fort », a déclaré le Premier ministre Jonas Gahr Støre ce mercredi 23 octobre dans une interview accordée à VG, ajoutant qu’il s’agissait « de la confrontation entre les grands géants de la technologie et les cerveaux des petits enfants ». [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Le gouvernement norvégien souhaite introduire un seuil d’âge minimum de 15 ans pour l’utilisation des réseaux sociaux afin de protéger les enfants des contenus préjudiciables et des « géants de la technologie ».

Le gouvernement norvégien a annoncé qu’il souhaitait modifier la loi norvégienne sur les données personnelles afin de protéger les enfants des contenus préjudiciables qu’ils peuvent rencontrer en ligne, en fixant une limite d’âge de 15 ans.

« C’est un signal assez fort », a déclaré le Premier ministre Jonas Gahr Støre mercredi 23 octobre dans une interview accordée à VG, ajoutant qu’il s’agissait « de la confrontation entre les grands géants de la technologie et les cerveaux des petits enfants ».

Actuellement, la loi norvégienne sur les données personnelles stipule qu’il faut avoir 13 ans pour consentir à la collecte et au traitement de données personnelles par les réseaux sociaux. C’est cette loi que le gouvernement souhaite modifier.

« Nous savons qu’il s’agit d’une bataille difficile, car les forces en présence sont puissantes, mais c’est aussi là qu’une action politique est nécessaire », a reconnu le Premier ministre, ajoutant qu’il y a actuellement une majorité au parlement norvégien pour faire avancer la proposition.

Malgré la limite d’âge actuelle de 13 ans, 53 % des enfants de 9 ans, 58 % des enfants de 10 ans et 72 % des enfants de 11 ans utilisent les réseaux sociaux, selon l’Autorité norvégienne des médias.

La prochaine étape consistera donc à proposer une solution de vérification de l’âge spécifique aux réseaux sociaux.

Bien que ce contrôle électronique ne soit pas encore en place, la ministre norvégienne de l’Enfance et de la Famille, Kjersti Toppe, est convaincue qu’il enverra un signal clair aux parents, en leur donnant des moyens légaux de refuser que leurs enfants se retrouvent sur les réseaux sociaux.

« Il s’agit également de donner aux parents la sécurité nécessaire pour dire non. Nous savons que beaucoup de gens veulent vraiment dire non, mais ne se sentent pas capables de le faire », a-t-elle souligné.

Selon Kjersti Toppe, le gouvernement norvégien ne sait pas exactement comment il appliquera cette mesure, bien que la vérification de l’identité bancaire ait été suggérée comme une solution possible.

Cependant, « s’il doit y avoir une première vérification de l’âge, elle doit s’appliquer à tout le monde, et il y a étonnamment beaucoup de personnes qui n’ont pas de carte d’identité bancaire », a continué la ministre, ajoutant que s’il doit y avoir une vérification de l’âge, il n’est pas envisageable qu’une grande partie de la population ne puisse pas s’en servir.

S’inspirer de l’UE

Selon elle, le gouvernement norvégien est toujours à la recherche d’une alternative, citant l’Union européenne (UE) comme exemple possible.

« L’UE prépare également des directives qui pourraient constituer une solution », a-t-elle mentionné.

La protection des mineurs en ligne est l’une des priorités de l’agenda de l’UE en matière de numérique pour le prochain mandat.

La mise en œuvre du règlement sur les services numériques (DSA) prend des mesures pour protéger les mineurs des dangers des réseaux sociaux.

L’addiction et la cyberintimidation sont les principales préoccupations de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en particulier pour les mineurs.

Cette dernière a chargé le commissaire désigné Michael McGrath de proposer une loi sur l’équité numérique (Digital Fairness Act), afin de réorganiser les règles de protection des consommateurs, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs.

L’une des questions en suspens pour l’UE est de savoir comment vérifier l’âge des utilisateurs lorsqu’ils utilisent des services numériques. La Commission présente le portefeuille numérique de l’UE comme une solution qui pourrait devenir la norme de facto.

Entre-temps, la France a autorisé la vérification de l’âge sur les sites pornographiques par le biais de contrôles de cartes de crédit pour une période temporaire de trois mois.