Le gouvernement perd la majorité absolue à l'Assemblée Nationale

Le Premier ministre a obtenu la confiance de l'Assemblée nationale avec 269 voix, soit une majorité relative. Il a dressé un tableau dramatique de l'économie européenne et demandé un ralentissement du rythme de réduction des déficits.

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Foto: dpa
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Le Premier ministre a obtenu la confiance de l’Assemblée nationale avec 269 voix, soit une majorité relative. Il a dressé un tableau dramatique de l’économie européenne et demandé un ralentissement du rythme de réduction des déficits.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a engagé la responsabilité de son gouvernement mardi 16 septembre sur un discours de politique générale prononcé à l’Assemblée nationale. Il a obtenu la confiance de la première chambre, avec 269 voix pour et 244 voix contre, soit une perte de 45 voix depuis son premier discours de politique générale, au printemps dernier. Le Premier ministre n’a plus la majorité absolue, qui est de 289 voix à l’Assemblée nationale. Il a notamment obtenu la voix d’un futur commissaire européen, puisque Pierre Moscovici, actuellement député, a participé au vote.

Mesures sociales et politique libérale

Manuels Valls s’est attaché à ménager les députés potentiellement frondeurs, peu enthousiastes devant les mesures libérales annoncées depuis son arrivée. Pour s’assurer de leur vote, il a fait le choix d’annoncer des mesures symboliquement sociales, comme la revalorisation de 40 euros par mois des petites retraites, et les baisses d’impôts qui devraient concerner 6 millions de ménages en 2014.

« Réformer ce n’est pas casser notre modèle social, c’est affirmer des priorités en refusant l’austérité » a-t-il assuré, compliquant la tâche des éditorialistes qui tente de qualifier sa tendance politique.

« Manuel Valls n’est peut-être pas social libéral, mais il n’est pas non plus social- démocrate. Comment le qualifier ? Etatico-réformiste, peut-être. Si ce n’était un oxymore. » s’interroge Cécile Cornudet dans le quotidien Les Echos.

« L’Europe décroche par rapport au reste du monde »

Il a ensuite dressé un tableau relativement dramatique de l’économie européenne, dans lequel « croissance faible et risque de déflation remettent en cause nos prévisions les plus raisonnables ».  Une situation responsable selon lui des problèmes du pays : «  la crise éco brise toutes les certitudes et alimente tous les malaises, tourmente les vies, les quotidiens, les familles, les repères, les quartiers populaires, les liens » a-t-il souligné.

Par rapport à son premier discours de politique général en avril dernier, le Premier ministre a plus évoqué la question européenne, notamment sur les questions économiques

>>Lire Manuels Valls s’avère peu préoccupé d’Europe

Le dirigeant s’est félicité de l’évolution de la politique monétaire européenne, estimant que soutenir la croissance nécessite d’adopter une politique adaptée. « Il y a cinq mois, je dénonçais l’euro trop cher, depuis, il a perdu 10 centimes face au dollar » a assuré Manuel Valls, assurant qu’il y avait « urgence à agir » parce que « l’Europe décrochait par rapport au reste du monde ».

Évoquant le plan d’investissement de 300 milliards d’euros promis par Jean-Claude Juncker, il s’est aussi félicité de cette mesure « impulsée par la France » tout en précisant

« Annoncer c’est une chose, le concrétiser c’en est une autre », prévenant que la France serait vigilante sur l’application de ce plan

Sur la question des déficits, le Premier ministre a réitéré son appel à un changement de rythme de la réduction des déficits » réclamés par Bruxelles.

L’engagement qu’il avait pris au printemps de réduire le déficit français à moins de 3 % du PIB en 2015 semble désormais compromis.

Il a aussi prévenu qu’il ne demandait « aucune facilité à l’Allemagne mais qu’un accord entre nos deux pays était indispensable ». « Notre message doit être entendu, l’Allemagne doit assumer pleinement ses responsabilités » a-t-il martelé. Le Premier ministre doit se rendre en Allemagne fin septembre pour rencontre la chancelière.