Le gouvernement suédois fait appel à l'UE pour faire face à la crise énergétique
Alors que la Suède est confrontée à la flambée des prix de l’énergie à la veille des élections de la semaine prochaine, la Première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson espère trouver une solution au niveau européen. Ses opposants l'accusent d'être responsable d'une telle situation de crise.
Alors que la Suède est confrontée à la flambée des prix de l’énergie à la veille des élections de la semaine prochaine (11 septembre), la Première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson espère trouver une solution au niveau européen. Ses opposants l’accusent d’être responsable d’une telle situation de crise.
La leader du parti social-démocrate et Première ministre Magdalena Andersson a vidé son planning de campagne en pleine période électorale afin de répondre afin de monter au front face à la crise énergétique à laquelle son pays est confronté.
Lors d’une conférence de presse tenue samedi (3 septembre) avec le ministre des Finances Mikael Damberg et le ministre de l’Énergie et de la Numérisation Khashayar Farmanbar, la Première ministre s’est dite prête à porter une réponse européenne à la crise énergétique que traverse son pays.
« Les prix sur le marché européen de l’électricité doivent être découplés des prix exorbitants du gaz créés par la Russie », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que des décisions devraient être prises au niveau de l’UE pour faire baisser les coûts de l’électricité, permettant ainsi de réduire potentiellement de moitié la flambée des prix de l’énergie.
Elle a toutefois souligné que la baisse des prix de l’électricité et l’adoption de nouvelles règles européennes prendront du temps. « Une décision prise par l’ensemble de l’UE avant les élections suédoises ne semble pas probable », a-t-elle expliqué.
Cependant, le leader du Parti modéré et éventuel futur Premier ministre Ulf Kristersson estime que Mme Andersson détourne l’attention du rôle joué par son parti dans la crise énergétique actuelle, notamment sur le nucléaire.
« Maintenant, elle veut apparemment annuler le débat électoral sur sa propre politique énergétique ratée, pour se réfugier à Bruxelles. Elle nous fait croire que la Suède est à l’origine de la proposition énergétique sur laquelle la Commission européenne travaille déjà, et que plusieurs autres pays soutiennent. Ce n’est que de la poudre aux yeux et une diversion, car elle ne veut pas avoir à répondre de sa propre politique énergétique lors de la campagne électorale », a écrit Kristersson sur FB.
Au moment de leur élection en 2014, les sociaux-démocrates ont formé une coalition avec les Verts avec l’objectif clair de « veiller à ce que les réacteurs nucléaires soient fermés au cours de cette législature », comme l’a déclaré à plusieurs reprises l’ancienne porte-parole des Verts, Åsa Romson.
Cette décision politique a conduit à une augmentation volontaire et brutale de la taxe sur l’énergie nucléaire en 2015, qui a entraîné une baisse de la rentabilité des exploitants de centrales nucléaires. Elle a entraîné la fermeture prématurée des réacteurs Oskarshamn 1 et 2 en 2016 et 2017 et des réacteurs Ringhals 1 et 2 en 2019 et 2020.
Svenska Kraftnät, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité suédois, a même mis en garde contre les risques qu’entraînerait la fermeture d’un plus grand nombre de réacteurs nucléaires dans un document officiel.
« Une simple analyse basée sur le rapport annuel du bilan électrique de Svenska Kraftnät indique que la fermeture d’Oskarshamn 1 et 2 et de Ringhals 1 et 2 augmenterait considérablement le risque de pénurie d’électricité dans le sud de la Suède », ce que le gouvernement suédois espère maintenant résoudre au niveau européen.
La Commission européenne a déjà présenté des projets de propositions dans ce sens. Des discussions sont déjà en cours dans plusieurs pays de l’UE et les ministres européens de l’Énergie se réuniront vendredi (9 septembre) à Bruxelles, où la question figurera parmi les priorités à l’ordre du jour.
La manière exacte dont les prix de l’électricité seront découplés de ceux du gaz n’a pas été indiquée, mais un projet de la Commission, ayant fait l’objet d’une fuite, énumère trois mesures : la réduction coordonnée de la demande d’électricité, un plafonnement des prix pour certains types de production d’électricité ainsi que des mesures nationales de soutien aux consommateurs.