Le groupe de Visegrád se divise sur la politique migratoire européenne
Autrefois uni, le groupe de Visegrád se disloque sur l'accord migratoire discuté en Conseil européen. La Tchéquie et la Slovaquie le soutiennent, tandis que la Hongrie et la Pologne s'y opposent.
Autrefois uni, le groupe de Visegrád se disloque sur l’accord migratoire discuté en Conseil européen. La Tchéquie et la Slovaquie le soutiennent, tandis que la Hongrie et la Pologne s’y opposent.
L’accord migratoire européen vise à communautariser les démarches relatives au droit d’asile en Europe et d’assurer un partage plus équitable des nouveaux arrivants.
Selon les Premiers ministres tchèque et slovaque, il est nécessaire de rechercher, sur la question migratoire, des solutions au niveau de l’UE. Après une réunion du groupe de Visegrád à Prague mardi (4 juillet), le Premier ministre tchèque conservateur (Parti démocratique civique) Petr Fiala a critiqué l’attitude de la Hongrie et de la Pologne de ces dernières semaines, et notamment le fait que les deux pays ont bloqué les conclusions sur les solutions migratoires lors du sommet du Conseil européen à Bruxelles (29-30 juin).
Autrefois uni sur ces questions, le groupe d’États d’Europe de l’Est semble aujourd’hui se disloquer.
« Je pense que cette attitude n’est pas dans l’intérêt de la République tchèque, qu’elle n’est pas responsable et qu’elle menace le soutien financier que la République tchèque a demandé et négocié pour les pays qui offrent une protection aux réfugiés ukrainiens », a déclaré M. Fiala mardi.
Les pays qui accueillent actuellement des réfugiés ukrainiens reçoivent environ 100 euros pour chaque personne qu’ils acceptent (les estimations varient en fonction de la méthode de calcul). Toutefois, la réforme de la politique de migration et d’asile prévoit que les pays confrontés à un afflux de demandeurs d’asile recevront beaucoup plus par personne, environ 20 000 euros, au titre du mécanisme contraignant de solidarité. Cette somme serait déboursée par les pays qui ne souhaitent pas accueillir de réfugiés.
La République tchèque s’est prononcée en faveur d’un système plus équilibré et de paiements plus élevés pour les pays qui accueillent déjà des réfugiés ukrainiens.
Selon M. Fiala, la délégation tchèque a réussi à obtenir des références directes à une telle option dans les conclusions du Conseil européen de la semaine dernière afin de soutenir les États membres qui accueillent un grand nombre de réfugiés, mais ces conclusions n’ont finalement pas été acceptées en raison du blocage de Budapest et Varsovie.
La coopération des membres du groupe de Visegrád existe toujours dans un certain nombre de domaines, estime le Premier ministre tchèque. Cependant, il n’est pas possible de se reposer uniquement sur ce format, a-t-il déclaré.
Les présidents du groupe doivent se rencontrer à l’automne, tandis que les Premiers ministres des quatre pays se rencontreront après les élections en Slovaquie et en Pologne, a également indiqué Petr Fiala.