Le groupe Med-5 critique le pacte européen sur les migrations et souhaite que l’accent soit mis sur la prévention des flux
Le groupe Med 5 (Italie, la Grèce, Chypre, Malte et l’Espagne) a pressé la Commission européenne pour endiguer les flux migratoires. Ils ont critiqué le controversé pacte sur l'asile et les migrations de l'UE pour son « manque d’ambition ».
Le groupe Med 5 (Italie, la Grèce, Chypre, Malte et l’Espagne) a pressé la Commission européenne pour endiguer les flux migratoires. Ils ont critiqué le controversé pacte sur l’asile et les migrations de l’UE pour son « manque d’ambition ».
Lors de leur première réunion après l’approbation du nouveau pacte sur l’immigration et l’asile par le Parlement européen le 10 avril, le groupe Med-5 a exprimé sa « solidarité » avec les îles Canaries, confrontées à une importante pression migratoire en provenance d’Afrique.
« Le choix du lieu de ce sommet du Med-5 n’est pas une coïncidence. Le lieu est le message, un message de soutien aux îles Canaries dans leurs efforts constants pour faire face au défi de la migration et à la solidarité dont elles ont fait preuve dans les moments de grande difficulté », a commenté le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska (PSOE/S&D).
M. Grande-Marlaska a été rejoint au « mini-sommet » Med-5 par son homologue italien Matteo Piantedosi, et maltais Byron Camilleri, le ministre grec des Migrations et de l’Asile, Dimitris Kairidis et le directeur du service d’asile chypriote Andreas Georgiades.
Dans leur communiqué final, les ministres du Med-5 ont clairement indiqué que le pacte controversé de l’UE sur les migrations et l’asile ne satisfaisait pleinement aucun de leurs pays, même s’ils estiment qu’il s’agit d’un « plus petit dénominateur commun » positif qui permettra « d’avancer dans la bonne direction ».
Selon des statistiques récentes de FRONTEX, l’agence de surveillance des frontières de l’UE, 41 672 immigrants irréguliers sont arrivés sur le sol européen par voie maritime au cours du premier trimestre de cette année.
13 535 provenaient des îles Canaries (Espagne), 13 716 de la Méditerranée orientale (Grèce et Chypre), 11 364 de la Méditerranée centrale (Italie et Malte) et 3 057 de la Méditerranée occidentale (Espagne, via le détroit de Gibraltar et la mer d’Alboran).
Malte n’accueille pas les personnes sauvées en mer et a été largement accusée d’ignorer les appels de détresse, de retarder les sauvetages et d’être impliquée dans des refoulements illégaux vers la Libye, impliquant les garde-côtes de ce pays d’Afrique du Nord.
Face à cette situation extrême, les quatre ministres et le représentant chypriote ont exhorté Bruxelles à investir davantage dans la prévention des flux migratoires de deux manières : en débloquant davantage de fonds pour la coopération dans les pays d’origine des migrants et en étendant les accords tels que ceux que l’UE a conclus avec la Tunisie et la Mauritanie, l’Espagne avec le Sénégal et l’Italie avec la Libye, entre autres.
Ce n’est qu’en renforçant la coopération en matière de sécurité et de développement avec les pays africains qu’il sera possible de réduire les flux et d’empêcher « des milliers de personnes de traverser la mer, mettant leur vie entre les mains de mafias qui ne se soucient pas de leur arrivée, mais uniquement de l’argent », a prévenu Dimitris Kairidis.