Le Kazakhstan attend avec impatience un « véritable sommet » avec l’UE

Le Kazakhstan souhaite participer à un véritable sommet d’Asie centrale avec les dirigeants du Conseil européen et de la Commission européenne, a déclaré un diplomate kazakh mercredi dernier lors d’une conférence organisée par EURACTIV à Bruxelles.

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Selon le chef adjoint de la mission du Kazakhstan auprès de l’UE, Timur Sultangozhin, « il est prévu d’organiser l’année prochaine un sommet à part entière, qui impliquera la présence des deux présidents de l’Union européenne [Ursula von der Leyen et Charles Michel] ».

Le Kazakhstan souhaite participer à un véritable sommet d’Asie centrale avec les dirigeants du Conseil européen et de la Commission européenne, a déclaré un diplomate kazakh mercredi dernier (14 juin) lors d’une conférence organisée par EURACTIV à Bruxelles.

Après les récentes visites au Kazakhstan du vice-président exécutif de la Commission européenne Valdis Dombrovskis et du vice-président aux Relations interinstitutionnelles Maroš Šefčovič, la prochaine étape serait un sommet plus important qui se tiendrait à Tachkent.

Selon le chef adjoint de la mission du Kazakhstan auprès de l’UE, Timur Sultangozhin, « il est prévu d’organiser l’année prochaine un sommet à part entière, qui impliquera la présence des deux présidents de l’Union européenne [Ursula von der Leyen et Charles Michel] ».

Le diplomate s’est félicité des « échanges dynamiques » dans les domaines politique, commercial et économique.

Au cours des dernières années, l’UE a porté une attention croissante à l’Asie centrale, et en particulier au Kazakhstan. Le pays est essentiel pour le Corridor central, qui relie la Chine à l’UE, et est devenu important dans le contexte des sanctions occidentales à l’encontre de la Russie et de l’Iran.

Lin Goethals, directrice de l’Institut européen d’études asiatiques, a commenté le Corridor lors de l’évènement : « le Corridor central et la connectivité seront probablement la bouée de sauvetage du Kazakhstan et de l’Asie centrale dans son ensemble ».

Le Kazakhstan dispose d’un vaste potentiel de production d’hydrogène vert et affirme qu’il sera bientôt en mesure d’offrir l’ensemble des 30 matières premières critiques dont l’UE a besoin.

Les deux parties ont conclu l’année dernière un partenariat sur le développement des matières premières critiques, mais la Chine voisine lorgne elle aussi sur les richesses du Kazakhstan. L’UE affirme qu’elle propose des partenariats « gagnant-gagnant », ce qui semble plaire à Astana, qui cherche à commercer avec des produits à forte valeur ajoutée.

« Certaines des technologies les plus vertes et les plus récentes disponibles à l’heure actuelle dans le secteur des matières premières critiques sont d’origine européenne. Je pense donc que l’Union européenne peut agir et coopérer plus étroitement avec nous », a déclaré M. Sultangozhin.

Peteris Ustubus, directeur pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique à la Commission européenne, a déclaré que « la boîte technologique, qui est le lien et le pont vers la durabilité, est quelque chose que l’UE peut apporter à l’Asie centrale ».

Le responsable de la Commission a souligné la nécessité d’améliorer la connectivité en Asie centrale, notamment au moyen de l’Internet par satellite.

« En raison de la géographie, la connectivité numérique des pays d’Asie centrale est probablement l’une des moins développées au monde. Nous constatons que les technologies modernes nous permettent d’en faire davantage. C’est pourquoi l’UE intensifie sa coopération avec les pays d’Asie centrale, notamment le Kazakhstan, afin de s’assurer que la connectivité par satellite [y] est possible », a-t-il déclaré.

Les obstacles au succès à long terme d’une relation entre l’UE et l’Asie centrale ont également été mentionnés. Ainsi, si les pays de cette région s’ouvrent davantage à la Russie à l’avenir, la situation pourrait s’avérer délicate pour l’UE.

La docteure Fabienne Bossuyt, professeure associée à l’Institut d’études internationales et européennes de Gand, a déclaré que l’influence de la Russie en Asie centrale était « encore très forte et qu’elle le resterait probablement ».

Plus précisément, elle a déclaré que les experts craignent que le Kazakhstan ne soit utilisé pour contourner les sanctions occidentales à l’encontre de la Russie. Toutefois, le Kazakhstan s’est efforcé d’être transparent avec l’UE sur ses pratiques douanières.

La dimension régionale a également été soulignée, et le Kazakhstan a été encouragé à continuer à jouer un rôle de premier plan dans la connexion de la région d’Asie centrale. Le pays a déjà fait des progrès dans la connexion des gouvernements de la région en rendant le commerce plus efficace le long du Corridor central.

M. Sultangozhin a évoqué ces progrès : « Le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ont créé ensemble une entreprise commune. L’objectif est d’optimiser et d’éliminer les goulets d’étranglement concernant les normes, car il s’agit d’un corridor multimodal qui doit fonctionner plus rapidement ».

Les résultats d’une coopération accrue sont déjà visibles. Au cours de l’année écoulée, le Kazakhstan a réduit le temps de transport des marchandises à l’intérieur du pays de 12 à 6 jours.

Oybek Shaykhov, secrétaire général de l’Association Europe-Ouzbékistan pour la coopération économique, est optimiste quant à l’avenir de la coopération entre les pays d’Asie centrale. Même si les chefs d’État de la région ne se rencontrent régulièrement que depuis cinq ans, M. Shaykhov a déclaré : « Il est clair que la coopération entre les pays d’Asie centrale est très importante ».

Cet article fait suite au débat politique organisé par EURACTIV « Comment l’Union européenne fait avancer son agenda en Asie centrale — le rôle du Kazakhstan dans la coopération interrégionale » soutenu par l’ambassade de la République du Kazakhstan auprès du Royaume de Belgique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]