Le Kazakhstan stimule ses exportations agricoles et souhaite renforcer ses échanges avec l’UE
Le Kazakhstan est l’un des pays non membres de l’UE qui bénéficiera du fonds de 465 millions d’euros récemment approuvé par la Banque européenne d’investissement pour soutenir l’agriculture.
Le Kazakhstan est l’un des pays non membres de l’Union européenne (UE) qui bénéficiera du fonds de 465 millions d’euros récemment approuvé par la Banque européenne d’investissement (BEI) pour soutenir l’agriculture.
Ce fonds fait partie du programme agricole paneuropéen, un programme de 3 milliards d’euros lancé en juillet pour soutenir les initiatives d’investissement dans l’agriculture et l’agro-industrie.
Le programme vise à renforcer la durabilité, à combler les déficits de financement, à soutenir les jeunes agriculteurs et à promouvoir des pratiques adaptées au changement climatique. Il s’agit de la plus grande initiative de financement jamais mise en place pour le secteur agricole, approuvée par le conseil d’administration de la Banque européenne d’investissement.
Stimuler les exportations
Ce financement arrive à un moment où le Kazakhstan entreprend des réformes pour renforcer son secteur agricole, et où la république d’Asie centrale cherche non seulement à répondre à ses besoins nationaux, mais aussi à stimuler ses exportations.
Selon le bureau du Premier ministre, le gouvernement réforme les systèmes de financement et de subvention afin de soutenir les entreprises agricoles et d’améliorer la production et la location de machines agricoles.
La production de machines agricoles du pays devrait passer de 498 millions d’euros à 568 millions d’euros d’ici 2025. Les ventes de machines auraient augmenté de 52 % par rapport à l’année précédente dans le pays.
Des perspectives encourageantes
Le Kazakhstan a enregistré une hausse des exportations de produits agricoles, en particulier d’orge, de lentilles et de maïs. Le ministère de l’Agriculture s’attend à ce que cette tendance se poursuive au cours du premier semestre 2025.
1,8 million de tonnes de céréales ont déjà été exportées entre septembre et octobre, ce qui représente une augmentation de 48 % par rapport à la même période de l’année dernière.
Les exportations de lentilles ont été multipliées par sept et ont atteint 80 000 tonnes, dont la plupart ont été exportées vers les pays européens. Les producteurs de riz ont augmenté leurs exportations de 47 % en développant de nouveaux marchés en Azerbaïdjan et en Biélorussie.
Par ailleurs, pour la période 2024-2025, le Kazakhstan prévoit de battre le record d’exportation de produits pétroliers vers la Chine, en augmentant le volume à 250 millions de dollars. Les transformateurs d’huile prévoient d’atteindre 300 millions de dollars d’exportations d’huiles végétales vers la Chine.
Le ministère kazakh de l’Agriculture a réaffirmé qu’il travaillait à la diversification des voies d’exportation et à l’élargissement des marchés de vente. « La récolte de 2024 est supérieure de 45 % en termes de volume brut et de qualité, ce qui crée une réserve pour les ventes à l’exportation », a-t-il souligné.
Exportations vers l’UE
Le Kazakhstan est l’un des dix premiers exportateurs de céréales au monde, fournissant huit millions de tonnes de blé et deux millions de tonnes de farine à plus de 80 pays. Il dispose d’un important potentiel pour accroître le commerce agricole avec l’UE.
Lors de sa récente visite d’État en France, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a souligné l’importance de l’agriculture de son pays pour la sécurité alimentaire mondiale. Il a donc encouragé les entreprises françaises à envisager des investissements et des partenariats technologiques.
Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a décrit le Kazakhstan comme un marché en pleine expansion pour les exportations européennes de produits agricoles alimentaires et de boissons.
Durant son mandat 2019-2024 au sein de la Commission, il a conduit une délégation de 39 entreprises et organisations agroalimentaires de toute l’UE à Astana et Almaty et a discuté avec le Premier ministre kazakh Oljas Bektenov des moyens d’étendre la coopération dans ce secteur.
Compte tenu de l’importance stratégique que le Kazakhstan a acquise depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, le nouveau commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, pourrait être encouragé à pousser la coopération encore plus loin.
À l’heure actuelle, l’Italie est le premier partenaire exportateur du Kazakhstan, avec des volumes d’exportation qui ont atteint 13 milliards de dollars en 2022. La Chine arrive en deuxième position avec des exportations d’une valeur de 10 milliards de dollars, suivie par la Fédération de Russie avec 8 milliards de dollars.
Les Pays-Bas, la France, la Roumanie et l’Espagne se retrouvent parmi les dix premiers partenaires exportateurs du Kazakhstan, mais avec des volumes d’exportation nettement inférieurs à ceux de l’Italie, ce qui souligne la marge de manœuvre et le potentiel de croissance du commerce agricole.
Défis logistiques
Mais, malgré le potentiel de croissance, les défis logistiques et l’accès aux marchés internationaux restent des questions clés pour le développement durable du secteur agricole du Kazakhstan.
Selon un rapport publié en octobre par le ministère américain de l’Agriculture, ces difficultés, associées à une baisse de la qualité du blé due à de mauvaises conditions météorologiques pendant la récolte et à des problèmes commerciaux avec la Russie, ont contraint le Kazakhstan à revoir à la baisse ses estimations en matière d’exportation de blé.
Les agriculteurs kazakhs ont noté que les offres étaient plus basses pour cette récolte en raison des préoccupations liées à la qualité, tandis que les négociants espèrent que les prix bas pourraient être le remède pour faire revenir la demande de marchés, tels que l’Iran et l’Azerbaïdjan.
Le rapport fait également état d’allégations émanant d’exportateurs kazakhs qui affirment que le vol de cargaisons de céréales dans des wagons scellés lors de leur passage sur le territoire de l’Ouzbékistan est devenu une pratique courante.
Il note également avec satisfaction que le Kazakhstan continue de renforcer son potentiel de transit entre la Chine et l’Europe par l’intermédiaire du corridor du milieu, qui, au mois d’août, a vu transiter 2,2 millions de tonnes de marchandises, soit 27 % de plus qu’au cours de la même période de l’année dernière.