Le Kosovo aurait du être éloigné de Miloševi?'
La question d’un Kosovo indépendant aurait du être résolue lorsque SlobodanMiloševi? était encore le dirigeant de la Serbie, et la récente décision de la Cour internationale de justice (CIJ) va indubitablement encourager des séparations ailleurs, a confié le Professeur Tibor Varady, membre de la Cour permanente d’arbitrage de la Haye, à EURACTIV Allemagne dans un entretien.
La question d’un Kosovo indépendant aurait du être résolue lorsque SlobodanMiloševi? était encore le dirigeant de la Serbie, et la récente décision de la Cour internationale de justice (CIJ) va indubitablement encourager des séparations ailleurs, a confié le Professeur Tibor Varady, membre de la Cour permanente d’arbitrage de la Haye, à EURACTIV Allemagne dans un entretien.
La Cour de justice des Nations Unies a publié une décision dépourvue d’effets contraignants le 22 juillet, jugeant que le Kosovo n’a pas violé le droit international lorsqu’il a revendiqué sa sécession de la Serbie en février 2008 (EURACTIV 23/07/10).
Pourtant, le professeur Varady, qui a critiqué l’étroitesse de la décision de la cour, croit que la question de l’indépendance du Kosovo aurait du être réglée à la suite de la guerre de 1998-1999 entre l'ethnie albanaise et les forces de sécurité serbes, lorsque Slobodan Miloševi? était toujours en fonction.
S’il y avait une conception d’un Kosovo indépendant, il est vraiment étrange que le Kosovo n’ait pas été soustrait à M. Miloševi?. Il est difficile pour moi de le comprendre, parce que cela aurait créé une situation complètement différente dans les Balkans, a-t-il expliqué.
A la place, le fardeau a été transmis aux nouveaux et fragiles gouvernements post- Miloševi?. On s'attendait à ce qu’ils contribuent à la création d’un Etat du Kosovo indépendant. Ce qui était politiquement impossible, clairement, a-t-il ajouté.
M. Varady, précédemment directeur de la représentation légale de la Serbie, pense que les nouveaux gouvernements auraient été mécontents de la division, mais que cela aurait été résolu. Mais à la place vous avez la Résolution 1244, qui (établit) clairement le Kosovo comme une région autonome à l’intérieur de la Serbie. Il est très difficile de comprendre pourquoi une telle approche a été prise, s’est-il plaint.
Pendant ce temps, le professeur est certain que la décision de la CIJ va encourager les tentatives séparatistes dans d’autres parties du monde et a rejeté l’argument selon lequel le Kosovo serait un cas unique.
Selon lui, l’opinion donnera certainement un encouragement très fort à l’Abkhazie, à l’Ossétie, à la région basque. L’argument selon lequel l'arrêt ne crée pas de précédent n’est pas un argument plausible. Vous ne pouvez pas placer la Cour internationale de justice en dehors du monde réel, a-t-il insisté.
La décision de la cour a évité les vraies questions
M. Varady n'est pas satisfait de la décision de la CIJ et croit que l’objectif limité et technique de la cour signifie que celle-ci n’a pas répondu aux véritables questions – le droit d’autodétermination du Kosovo et l’intégrité territoriale de la Serbie.
Un des débats clés proposés, en particulier par le parti du Kosovo, concernait le droit à l’autodétermination : le point de vue de la Serbie sur son intégrité territoriale s'y opposait (…) La cour a pensé qu’elle ne considérerait pas ces questions comme pertinentes. A la place, elle s’est simplement focalisée sur le texte de la déclaration, a dit M. Varady.
Ceci est un peu difficile parce que le texte lui-même n’a pas de signification sans un contexte. Le contexte ne peut pas simplement être perçu sans considérer l’autodétermination, sans considérer l’intégrité territoriale, a-t-il expliqué.
La cour a également déclaré explicitement qu’elle ne considérerait pas la question de savoir si une telle déclaration pourrait produire un statut d’Etat, a-t-il ajouté.
Du point de vue de M. Varady, la cour a radicalement restreint ses objectifs afin de s’assurer une majorité dans une situation difficile. Pour lui, la CIJ a réussi à éviter les difficultés mais a également réussi à éviter la principale question.