Le Kosovo doit renforcer son respect des droits de l'homme, selon le Conseil de l'Europe
Plus de vingt ans après la guerre du Kosovo, la cohésion sociale est toujours entravée par l’impunité des crimes de guerre, les cas non résolus de personnes disparues et le manque d’accès aux réparations pour toutes les victimes de guerre, selon Dunja Mijatović.
Plus de vingt ans après la guerre du Kosovo, la cohésion sociale est toujours entravée par l’impunité des crimes de guerre, les cas non résolus de personnes disparues et le manque d’accès aux réparations pour toutes les victimes de guerre.
C’est le constat de la commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović à l’issue d’une visite au Kosovo, du 30 mai au 3 juin.
Son rapport a été publié mardi (18 octobre) et a également relevé les obstacles au retour définitif des personnes déplacées et la division ethnique dans le pays, selon un communiqué de presse du Conseil de l’Europe.
« Toutes les victimes civiles de la guerre, sans exception, devraient avoir accès à des réparations, et les victimes de crimes de guerre à caractère sexuel devraient pouvoir témoigner dans des conditions de sécurité », a-t-elle déclaré.
La commissaire a souligné les lacunes en matière d’enquêtes et de poursuites des crimes de guerre et a déclaré qu’il fallait y remédier efficacement.
En ce qui concerne les personnes disparues, Mme Mijatović a encouragé Belgrade et Pristina à régler leurs différends et à coopérer pour résoudre les cas encore en suspens, en plaçant les familles des personnes disparues au centre de leurs préoccupations. Plus de 1 600 Albanais du Kosovo sont toujours portés disparus.
Quant à la liberté des médias, la commissaire a appelé à la pleine application de la législation, notamment en ce qui concerne l’accès à l’information.
« Les journalistes doivent pouvoir mener leur travail vital à l’abri des poursuites stratégiques contre la participation publique [procédures bâillon] et de la violence. Le harcèlement et l’impunité pour les crimes contre les journalistes doivent cesser, notamment pour les 13 meurtres et disparitions de journalistes albanais et serbes du Kosovo, survenus entre 1998 et 2005 », a-t-elle déclaré.
Sur les questions liées aux droits des femmes et à l’égalité des genres, la commissaire a constaté un écart important entre la législation nationale et la situation sur le terrain, dû notamment à la persistance de normes patriarcales profondément ancrées dans la société.
Enfin, la commissaire souligne la nécessité d’harmoniser le droit interne avec la convention d’Istanbul et de le mettre en œuvre de manière concrète, ainsi que de dispenser une formation continue aux membres de l’appareil judiciaire et aux agents de la force publique dans ce domaine.