Le Kosovo ferme l’accès aux téléphones des serbes ethniques

Quatre vingt mille serbes du Kosovo sont restés sans connexion fixe ou mobile ce dimanche (26 septembre) alors que plusieurs opérateurs télécoms serbes furent fermés par Pristina. BETA, partenaire d’EURACTIV en Serbie, rapporte.  

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Quatre vingt mille serbes du Kosovo sont restés sans connexion fixe ou mobile ce dimanche (26 septembre) alors que plusieurs opérateurs télécoms serbes furent fermés par Pristina. BETA, partenaire d’EURACTIV en Serbie, rapporte.

 

Les transmetteurs ont été éteints par les employés de la Kosovo Telephony Agency, escortés par les Kosovo Police Special Units (unités spéciales de la police du Kosovo).

Ilija Ivanovic, coordinateur de la technique de l’opérateur serbe du Kosovo Telekom Srbije a déclaré à BETA que les lignes téléphoniques fixes comme les lignes mobiles ne fonctionnent que dans la partie nord du Kosovo, peuplée par des serbes. Gracanica, une enclave serbe dans la partie centrale du Kosovo a les lignes fixes, mais les réseaux téléphoniques mobiles n’y fonctionnent pas, pas plus que dans les villages aux alentours, a-t-il indiqué.

La destruction des stations de Telekom Srbije a été condamnée par le gouvernement serbe aussi bien que par les représentants serbes au Kosovo, l’Eglise Orthodoxe serbe et certains partis politiques.

Goran Bogdanovic, ministre du Kosovo-Métochie dans le gouvernement de Serbie a fait appel à la communauté internationale au Kosovo afin de na pas faire obstruction aux fournisseurs serbes et prévenir les institutions kosovares temporaires de faire usage de violence à leur encontre.

Oliver Ivanovic, secrétaire d’état au ministère a déclaré que les représentants de certains pays à Pristina soutiennent la décision de fermer les transmetteurs, et que les Albanais « ne conduisent pas cette action seuls ».

Le président du Conseil National Serbe de la partie nord du Kosovo, Milan Ivanovic, a fait appel aux autorités serbes afin de réagir en fermant toutes les lignes téléphoniques du Kosovo, qui sont opérées par des compagnies télécoms serbes.

Hans Christian Klassing, un porte-parole pour EULEX, la mission « Etat de droit » menée par l’Union européenne au Kosovo, a dit à BETA que la fermeture des transmetteurs n’est pas située dans la juridiction d’EULEX et qu’il ne peut donc commenter sur la situation. De manière générale, le point de vue d’EULEX est le suivant : les questions commerciales ne devraient pas être politisées ; mais il a toutefois fait appel à ce que la vie des citoyens ordinaires ne soient pas perturbées.

BETA a appris de manière confidentielle que Telekom averti les potentiels investisseurs et banques d’investissement de ne pas acquérir Poste et Telekom Kosova, parce que la propriété fait l’objet d’une dispute, vu que celle-ci a été saisie de Telekom Srbije.

Mauvais signal ?

De manière surprenante, le mouvement des autorités de Pristina arrive avec pour toile de fonds un rapprochement entre la Serbie et le Kosovo.

Le président serbe Boris Tadi? a déclaré à New York ce jeudi (23 septembre) que le dialogue entre Belgrade et Pristina va démarrer bientôt, mais que les deux partis devraient résoudre les problèmes techniques au préalable.

M. Tadi?, a dit après une rencontre avec la haute représentante de l’UE pour la politique étrangère Catherine Ashton qu’ils s’étaient mis d’accord sur les éléments importants du dialogue, sur la personne qui le présiderait, et de quelle manière. Il a déclaré qu’il est encore trop tôt pour parler des participants à ce dialogue, mais que les équipes de négociations seront constituées d’experts. Il a également annoncé que l’UE formera sa propre équipe, qui participera aux discussions et aidera à surmonter les questions contestées.

Le président serbe a déclaré que Belgrade a proposé que les discussions commencent avec les questions les plus faciles à résoudre, de manière à ce que l’entièreté des dialogues soit conduite dans une bonne atmosphère.

M. Tadi? a dit que Mme Ashton l’a assuré que l’UE travaillerait intensivement en octobre sur l’avancement de la candidature serbe à l’adhésion européenne.