Le Luxembourg s'en prend aux politiques énergétiques allemandes et françaises
Le ministre de l’Énergie, Claude Turmes, s’en est pris aux libéraux-démocrates du FDP allemand pour avoir bloqué le débat sur le moteur à combustion au cours des dernières semaines et a critiqué Paris pour ses récentes tentatives répétées de lobbying pronucléaire.
Le ministre de l’Énergie, Claude Turmes, s’en est pris mardi (28 mars) aux libéraux-démocrates du FDP allemand pour avoir bloqué le débat sur le moteur à combustion au cours des dernières semaines et a critiqué Paris pour ses récentes tentatives répétées de lobbying pronucléaire.
M. Turmes, homme politique écologiste et ancien législateur européen, s’en est pris à deux poids lourds de l’Union européenne avant la réunion des ministres de l’Énergie de l’UE de mardi (28 mars).
En ce qui concerne l’Allemagne, M. Turmes a critiqué l’opposition du pays à la proposition de la Commission d’interdire de facto les voitures à essence et diesel à partir de 2035. La Commission et l’Allemagne se sont finalement entendues et ont fait de la place aux carburants de synthèse dans le cadre de l’initiative de l’Union visant à éliminer progressivement les moteurs à combustion.
« Les carburants de synthèse sont une politique pour les riches conducteurs de Porsche 911 » et il est « inacceptable » que le parti libéral FDP en Allemagne soit capable de prendre l’UE en otage en raison de ses défaites électorales nationales, a déclaré M. Turmes.
Le FDP « avait besoin de prouver qu’il existait toujours », mais le parti a négligé les personnes occupant un emploi régulier dans ce processus, car elles ne seraient pas en mesure d’acheter des carburants de synthèse à « 6-8 euros le litre », a-t-il souligné.
Selon le ministre luxembourgeois, la production de carburant de synthèse pour les voitures serait également contre-productive, étant donné que l’industrie automobile devrait entrer en concurrence avec les industries sidérurgiques et chimiques qui utilisent déjà l’hydrogène — nécessaire à la production de carburant de synthèse mais rare — pour rendre leur propre production plus écologique.
M. Turmes, originaire du Luxembourg, pays antinucléaire, s’en est également pris au gouvernement français, critiquant ses tentatives récentes et répétées de lobbying en faveur de cette source d’énergie à l’échelle européenne.
Selon lui, le géant français de l’énergie EDF a fait fausse route en promouvant l’énergie nucléaire au cours des 30 dernières années. Ce constat a été une fois de plus mis en évidence cet hiver lorsque la France n’a pas été en mesure « d’éclairer les Champs-Élysées » et a dû compter sur les importations d’électricité de l’Allemagne, a-t-il ajouté.
Pourtant, le président français Emmanuel Macron semble chercher à utiliser « toutes les astuces possibles » afin de trouver des fonds supplémentaires pour ce que M. Turmes appelle une société énergétique défunte.