Le marché de la cocaïne en pleine expansion en France et en Europe

Si le marché de la cocaïne continue de s’amplifier partout dans le monde, un nouveau rapport révèle que l’Europe et la France ne sont pas épargnées. Depuis 10 ans, la consommation de cocaïne ne cesse d’augmenter.

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La France est l’un des pays les plus gros consommateurs de cocaïne au sein de l’UE, selon l’OFDT qui estime le nombre d’usagers à 600 000 par an. [Ground Picture/Shutterstock]

Si le marché de la cocaïne continue de s’amplifier partout dans le monde, un nouveau rapport révèle que l’Europe et la France ne sont pas épargnées. Depuis 10 ans, la consommation de cocaïne ne cesse d’augmenter.

« La circulation de cocaïne dans le monde, en Europe et en France s’est amplifiée depuis les années 2010, représentant un tiers du marché des stupéfiants en Europe », révèle un rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publié lundi 27 mars. 

La France est l’un des pays les plus gros consommateurs de cocaïne au sein de l’UE, selon l’OFDT qui estime le nombre d’usagers à 600 000 par an, contre 5 millions pour le cannabis et 400 000 pour la MDMA/ecstasy en 2017. 

« Depuis plusieurs années, des signaux montrent une augmentation des consommations de cocaïne, quelle que soit sa forme (en poudre ou sous forme de cocaïne base : galette, crack) », révèle Santé publique France qui a également participé à la rédaction du rapport. 

L’usage de cocaïne a pris de l’ampleur parmi les adultes. Santé publique France observe une « diversification des profils de consommateurs », et une « démocratisation » de la consommation de cocaïne, d’habitude réservée à un milieu social aisé et à une ambiance festive. 

« Cette pluralité des profils d’usagers se traduit aussi par la diversification des modes de consommation, sous forme sniffée (cocaïne-poudre), fumée/inhalée (cocaïne basée ou crack) ou injectée », indique l’OFDT. 

Parallèlement, la consommation de cocaïne diminue chez les jeunes.  

Entre 2000 et 2014, la diffusion de la cocaïne avait plus que triplé parmi les adolescents de 17 ans (0,9 % en 2000 et 3,2 % en 2014). Mais en 2022, ils n’étaient plus que 1,4 % à avoir déjà consommé le produit, soit une baisse de près de la moitié en 5 ans. 

Selon l’estimation de l’Office anti-stupéfiants, 27,7 tonnes de cocaïne ont été saisies en 2022 en France en 2022 contre 10,8 tonnes en 2011. 

3 fois plus de passages aux urgences

La consommation de cocaïne fait peser des risques sanitaires sur les usagers. Son augmentation a entraîné, entre 2010 et 2022, une multiplication par trois des passages aux urgences après une prise de cocaïne, d’après l’agence nationale de santé publique. 

En France, au total, entre 2010 et 2022, 23 335 personnes se sont retrouvées aux urgences après avoir consommé de la cocaïne. Cela représente en moyenne 72 admissions aux urgences par semaine en 2022. 

« Les passages [aux urgences après consommation de cocaïne] concernaient majoritairement des hommes (75 %) et l’âge médian était de 32 ans, ce qui correspond aux profils habituellement les plus consommateurs au sein de la population générale », peut-on lire dans le rapport. 

Les trois raisons principales sont l’intoxication (65 %), la dépendance (13 %) ou le sevrage (7,5 %). 

La majorité des passages aux urgences présentent des diagnostics associés, c’est-à-dire liés à la consommation d’alcool, de benzodiazépines, de cannabis ou d’opioïdes. Ces personnes sont des « polyconsommateurs », explique Santé publique France. 

L’augmentation des intoxications s’explique notamment par la mise sur le marché depuis bientôt dix ans d’une cocaïne dont la teneur en principe actif est plus élevée, ou encore par l’émergence des nouveaux produits de synthèse (NPS) plus puissants et toxiques. 

La polyconsommation, et particulièrement le mélange d’alcool et de cocaïne, multiplie également les risques d’intoxication. 

La cocaïne représente ⅓ du marché des stupéfiants eu Europe

La cocaïne n’est pas seulement en pleine expansion en France, mais partout en Europe. Au sein de l’Union européenne, sa diffusion concernait 3,5 millions d’usagers en 2020, selon les chiffres de l’OFDT. 

Ce chiffre s’explique s’explique notamment par une augmentation de 35% de la culture de la feuille de coca dans le monde, dont est extraite la cocaïne, entre 2020 et 2021, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) publié jeudi 16 mars. Un niveau jamais atteint auparavant. 

Le rapport pointe également l’émergence de nouvelles plaques tournantes de la drogue dans le sud-est de l’Europe et les ports d’Anvers, Rotterdam et Hambourg, sont devenus depuis quelques années les nouveaux points d’entrée de la cocaïne en Europe. 

En 2021, un volume record de près de 70 tonnes a été saisi à Rotterdam, soit un bond de 74% par rapport à 2020, avait déclaré à l’AFP Ger Scheringa, un responsable des douanes du port néerlandais. 

La problématique est « devenue plus grande ces dernières années », avait-il reconnu. 

Quant au port d’Antwerp en Belgique, plus de 100 tonnes de cocaïne ont été saisies la même année, ce qui représente 40% de la quantité confisquée par la police. 

Le 7 février dernier, lors d’une visite au port d’Antwerp, la commissaire en charge des Affaires intérieures Ylva Johansson a annoncé vouloir intensifier la lutte contre le trafic de drogues dans l’UE en renforçant la coopération entre les polices de chaque Etat membre.