Le Monténégro sur la sellette après la condamnation d’un journaliste

La liberté de la presse est un « élément clé » de la candidature du Monténégro au bloc européen, a averti Bruxelles, après la condamnation d'un journaliste pour trafic de drogue.

EURACTIV.fr avec l'AFP
Jovo-Martinovic
Jovo Martinovic

La liberté de la presse est un « élément clé » de la candidature du Monténégro au bloc européen, a averti Bruxelles, après la condamnation d’un journaliste pour trafic de drogue.

Le journaliste spécialisé dans les affaires de crime organisé, Jovo Martinovic, a été condamné à Podgorica à 18 mois de prison pour trafic de drogue. « Un verdict inique », selon l’association Reporters sans Frontières.

Bruxelles espère un procès « équitable », a déclaré une porte-parole de la Commission, Maja Kocijancic, soulignant que les atteintes à la liberté de la presse pourraient mettre en cause la candidature de Podgorica.

« La liberté d’expression est l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne et c’est aussi un élément clé du processus d’adhésion du Monténégro  […] Dans ce contexte, les journalistes doivent pouvoir faire leur travail sans crainte des conséquences », a-t-elle dit lors du point presse quotidien de la Commission.

La justice monténégrine a reproché au journaliste d’entretenir des liens avec des trafiquants, dont l’un a été condamné à six ans et trois mois de prison.

Jovo Martinovic a expliqué que ces contacts étaient menés dans le cadre de son métier. Il a déjà effectué quinze mois de détention provisoire et a interjeté appel de sa condamnation, donc ne retournera pas immédiatement en détention.

En septembre, le journaliste avait reçu le prix Peter Mackler, qui récompense l’éthique et le courage journalistiques.

En mai, après qu’une journaliste avait été blessée par balle, Bruxelles avait déjà prévenu que le processus d’adhésion du Monténégro serait « entravé » sans progrès sur la question de la protection des journalistes et de la liberté de la presse.