Le nouveau gouvernement slovaque ouvre la voie au fonds d’aide de la zone euro

Hier (15 juillet), la Slovaquie a donné le feu vert au lancement d’un filet de sécurité européen pour les gouvernements qui se retrouvent prisonniers d’une dette, cédant à la pression venant des partenaires européens de mettre de côté son opposition au projet.

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Hier (15 juillet), la Slovaquie a donné le feu vert au lancement d’un filet de sécurité européen pour les gouvernements qui se retrouvent prisonniers d’une dette, cédant à la pression venant des partenaires européens de mettre de côté son opposition au projet.

La Slovaquie, le pays le moins riche de la zone euro, dirigé par le nouveau gouvernement de centre-droit de la Première ministre Iveta Radi?ová, bloquait l'entrée en vigueur du Fonds européen de stabilité financière (FESF) de 750 milliards d'euros car le principe des renflouements avait fait l'objet de vives critiques durant la campagne des élections de juin.

Mais le gouvernement a approuvé le projet jeudi et le ministre des finances Ivan Miklos a aussitôt signé un accord cadre sur le fonds, dépassant ainsi les derniers obstacles.

La Commission européenne a salué la décision de Bratislava et a ajouté que le dialogue avec la Slovaquie devait continuer.

Le précédent gouvernement de gauche de Robert Fico, qui a démissionné jeudi dernier, a approuvé le mécanisme d'aide. Cependant, toute aide financière venant des Etats membres les plus riches de l'UE est très impopulaire en Slovaquie, pays qui fait partie de la zone euro depuis janvier 2009 seulement.

Nous voulons donner l'exemple en respectant les règles du jeu. C'est pourquoi le gouvernement a soutenu la déclaration politique rendue par l'ancien gouvernement en mai, a confié Mme Radi?ová aux journalistes, pour expliquer ce qui avait influencé le gouvernement.

La pression sur Bratislava pour débloquer le FESF s'est accentuée ces dernières semaines car le fonds tient une part primordiale dans les efforts du bloc pour restaurer la confiance dans les marchés financiers suite à la crise de la dette grecque.

Le gouvernement slovaque a recommandé au Parlement de soutenir le système de filet de sécurité mais a également reconnu que cela exigerait la création de règles fiscales plus strictes dans la zone euro, y compris un mécanisme de banqueroute pour les pays qui ont des politiques fiscales irresponsables, avant qu'une quelconque aide du fonds ne soit apportée.

Le soutien financier accordé provisoirement aux pays en difficulté devra être conforme aux conditions et mesures du Fonds monétaire international (FMI), explique le gouvernement slovaque.

M. Miklos, un fiscaliste favorable à une approche stricte chargé de réduire le déficit fiscal pesant de la Slovaquie, a introduit des réformes du marché plus poussées et a revigoré l'économie nationale. Il pense que le Parlement va débattre du rôle de la Slovaquie vis-à-vis du FESF dans les semaines à venir.

La part de la Slovaquie dans ce fonds de 750 milliards d'euros représente 4,5 milliards d'euros de garanties.

Le pays de 5,4 d'habitants a adopté la monnaie unique seulement en janvier 2009 et le peuple n'a pas apprécié qu'on demande au pays d'apporter son aide à la Grèce, un pays qui a des conditions de vie meilleures.

Les accrocs du prêt grec

Par conséquent, le gouvernement Radi?ová a tenu ses promesses faites aux électeurs selon lesquelles il ne soutiendrait pas l'aide pour Athènes, criblée de dettes, qui a été approuvée par les pays européens distinctement du FESF.

Le gouvernement a recommandé au Parlement de ne pas donner son accord à un prêt bilatéral de 800 millions d'euros (1,02 milliards de dollars) à la Grèce, qui constituerait la contribution slovaque au paquet de renflouage de 110 milliards d'euros de l'UE.

Le prêt grec vient des politiques de gouvernements irresponsables, de l'attitude irresponsable du secteur bancaire et des agences de notation, mais aussi de l'Eurostat et du mauvais fonctionnement d'autres institutions, selon Mme Radi?ová.

Je suis contre ce prêt, nous sommes le pays le plus pauvre de la zone euro et c'est ridicule. La Grèce vivait au-dessus de ces moyens, a dit Silvia Habova, 27 ans, gestionnaire de comptes.

Le salaire minimum en Slovaquie, ancien pays communiste, est de 308 euros, bien en dessous du salaire légal minimum en Grèce, qui est de 863 euros.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)