Le nouveau Parlement européen « déplore » les coupes budgétaires dans le programme EU4Health

Le nouveau président de la commission parlementaire ENVI, l’eurodéputé italien Antonio Decaro, a sévèrement critiqué les coupes budgétaires en matière de santé décidées par le Conseil européen en février.

EURACTIV.com
BRUSSELS, BELGIUM – SEPTEMBER 4: Italian member of the European Parliament (Group of the Progressive Alliance of Socialists and Democrats in the European Parliament – Partito Democratico)  Antonio Decaro chairs the Committee on Environment, Public Health and Food Safety meeting in the European Parliament on September 4, 2024 in Brussels, Belgium. Today, the ENVI Committee hold an exchange of views on the EU emergency response actions to the recent outbreak of mpox in Africa. (Photo by Thierry Monasse/Getty Images)
L’eurodéputé socialiste italien Antonio Decaro. [(Photo by Thierry Monasse/Getty Images)]

Le nouveau président de la commission parlementaire de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI), l’eurodéputé italien Antonio Decaro (Socialistes et Démocrates européens, S&D), a sévèrement critiqué les coupes budgétaires en matière de santé décidées par le Conseil en février.

Dans une lettre adressée au président de la commission des Budgets du Parlement (BUDG), le Belge Johan Van Overtveldt (Conservateurs et Réformistes européens, CRE), à propos du budget général de l’Union européenne (UE) pour 2025, Antonio Decaro « déplore » les coupes opérées par le Conseil dans les programmes relatifs à la santé et à l’environnement.

Ce dernier souligne notamment que la commission parlementaire « regrette fortement » la réduction d’un milliard d’euros du budget du programme « L’UE pour la santé » (EU4Health) pour la période 2025-2027, soit 189 millions d’euros pour l’année 2025. Le Parlement suggère que l’instrument de flexibilité de l’UE, qui s’élève à 9,2 milliards d’euros pour l’ensemble de la période 2021-2027, pourrait être mobilisé pour couvrir ce déficit de financement.

Les eurodéputés demandent également l’annulation des coupes dans le budget du pôle santé du programme Horizon Europe, qui, selon les législateurs, a été fortement sollicité par la pandémie. Cet organe soutient la recherche sur le développement des capacités de lutte contre les maladies émergentes, ré-émergentes, négligées et rares.

Les eurodéputés proposent que le dispositif de marge unique, qui utilise la différence entre les engagements de paiement réels et les plafonds budgétaires de l’UE, puisse couvrir ces déficits de financement.

Les principaux amendements concernant le financement de la santé ont été soutenus par la plupart des législateurs européens du Parti populaire européen (PPE), des Socialistes et Démocrates (S&D), de Renew et des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE).

« Nous partageons les inquiétudes du rapporteur concernant ces réductions importantes », a déclaré l’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra (Conservateurs et Réformistes européens/CRE). « Toutefois, ces coupes sont le résultat de décisions difficiles prises par le Conseil, qui a réaffecté plus de 10 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine. »

L’eurodéputé allemand Peter Liese (PPE) a indiqué que les programmes de santé ont eu un impact significatif et a souligné que ces coupes entraveraient la capacité de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) à soutenir des actions importantes telles que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, ajoutant que « cela pourrait tuer des Européens ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]