Le paquet climat-énergie 2030 inquiète l'industrie allemande

Les industries lourdes et énergivores allemandes ont exprimé leurs inquiétudes quant au paquet énergie-climat 2030. Selon elles, si l'UE s'aventure seule dans la lutte contre le climat, les pertes pourraient s'élever à des milliards d'euros pour l’industrie européenne. Un article d'EURACTIV Allemagne. 

EURACTIV.de
L’industrie allemande accepte de nouvelles contraintes en matière d’émission de CO2, mais seulement si ces contraintes s’appliquent au niveau mondial.[Wolfgang Staudt/Flickr]
L’industrie allemande accepte de nouvelles contraintes en matière d’émission de CO2, mais seulement si ces contraintes s’appliquent au niveau mondial.[Wolfgang Staudt/Flickr]

Les industries lourdes et énergivores allemandes ont exprimé leurs inquiétudes quant au paquet énergie-climat 2030. Selon elles, si l’UE s’aventure seule dans la lutte contre le climat, les pertes pourraient s’élever à des milliards d’euros pour l’industrie européenne. Un article d’EURACTIV Allemagne. 

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est une priorité pour l’UE. Cependant, de nombreuses voix émettent des objections à l’encontre des futurs objectifs échafaudés par l’exécutif européen. Il en est ainsi des industriels allemands qui ont exprimé dernièrement leurs inquiétudes croissantes vis-à-vis des charges supplémentaires que pourrait générer les nouveaux objectifs prévus dans paquet 2030 sur le climat et l’énergie.

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Certes, Utz Tillmann, porte-parole pour La fédération des industries chimiques allemandes (Verband der Chemischen Industrie – VCI), qui comprend entre autres les industries chimiques, mais aussi sidérurgiques et du ciment d’Allemagne, a confirmé qu’il soutenait la conclusion d’un accord ambitieux lors du sommet onusien sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Mais ces objectifs devraient comprendre des engagements de même ampleur que ce soit pour les pays industrialisées et ceux nouvellement industrialisés, a-t-il ajouté.

Haro sur l’objectif de réduction d’émissions de gaz

Utz Tillmann a répété que l’industrie lourde était engagée dans la lutte contre le changement climatique, « mais sans la mise en place de contraintes comparables au niveau international, nous ne pourrons pas être compétitifs » a-t-il mis en garde.

« Si l’Europe s’engage dans un objectif décidé unilatéralement de réduction d’émissions en carbone de 40 %, ceci signifierait une perte qui se compterait en milliards d’euros pour nous […] », a-t-il prédit. « Les préjudices portées à la compétitivité des industries lourdes européennes seraient considérables », a-t-il commenté.

>> Lire : Désaccords en Allemagne sur le coût de la transition énergétique

Selon lui, les mesures compensatoires existantes dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (ETS) sont insuffisantes en vue de couvrir les futures contraintes. À ses yeux, de tels objectifs risquent d’affaiblir l’Europe face aux concurrents étrangers.

Un sommet européen crucial

Les chefs d’État et de gouvernement des États membres tenteront de trouver un accord sur le cadre européen pour l’énergie et le climat 2030 lors du sommet européen du 23 et 24 octobre prochains.

>> Lire : Les objectifs énergie-climat pour 2030 par État membre

Les discussions se fondent sur un projet de la Commission européenne  présenté en janvier dernier. Ce projet prévoit un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 40 % par rapport au niveau de 1990, allant plus loin que l’objectif de 2020 qui fixait ce niveau à 20 %. En outre, le paquet énergie-climat 2030 prévoit une extension de la part des renouvelables dans le mix énergétique européen à 27 %, ainsi qu’une réduction de la consommation énergétique de 30 %.

Les lacunes du système d’échange de quotas d’émission

Mais selon Klaus Windhagen, directeur de l’association des papeteries allemandes, l’effort supplémentaire en matière de réduction d’émission ne peut pas être porté par l’industrie seule. Le système d’échange de quotas d’émissions ne fera en outre qu’empirer la situation, selon lui.

« [Les secteurs industriels] ne peuvent atteindre de tels objectifs qu’en limitant leur production. Cette perte de production sera récupérée par d’autres régions du monde jouissant de contraintes moindres en matière d’émission de CO2.

Résultat : ces contraintes provoqueront non seulement une destruction d’emplois dans le secteur industriel, mais aussi entraveront la lutte contre le changement climatique », a-t-il expliqué. Il faut une répartition des droits d’émission à partir de comparaisons réalistes, selon lui.