Le Parlement européen appelle à plus d’ambition pour la force de réaction aux crises de l’UE

Les eurodéputés ont défini un objectif ambitieux, mercredi (19 avril), pour la future force de réaction aux crises de l’UE, qui devrait être opérationnelle l’année prochaine, en demandant un plus grand nombre de troupes sous un commandement unique de l’UE.

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Tactical exercises in Skowronki
La capacité devrait avoir « pour objectif d’atteindre une force permanente », selon les législateurs de l’UE. [EPA-EFE/Adam Warzawa POLAND OUT]

Les eurodéputés ont défini un objectif ambitieux, mercredi (19 avril), pour la future force de réaction aux crises de l’UE, qui devrait être opérationnelle l’année prochaine, en demandant davantage de troupes sous un commandement unique de l’UE.

Dans leur rapport, les eurodéputés soulignent la nécessité de doter la capacité de déploiement rapide (CDR) de l’UE, qui fait partie de la stratégie militaire de l’Union, d’un équipement adéquat et prêt à l’emploi.

L’UE dispose déjà de ses propres groupements tactiques, une force sur appel rotative composée des forces armées des États membres. Cependant, par manque de volonté politique, les États membres ne les ont jamais déployés en cas de crise, par exemple pour aider à l’évacuation des citoyens d’Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans en août 2021.

La capacité devrait avoir « pour objectif d’atteindre une force permanente », indique le rapport.

La force composée de 5 000 personnes doit avant tout être utilisée pour les opérations de sauvetage et d’évacuation et devrait être opérationnelle en 2025, selon la boussole stratégique de l’UE approuvée par les dirigeants des États membres l’année dernière.

Au cours des douze derniers mois, les États membres ont élaboré des scénarios dans lesquels la force pourrait être déployée. Le premier exercice est prévu en octobre dans le golfe de Cadix, dans le sud de l’Espagne.

« Au moins » 5 000 hommes

La capacité de déploiement rapide de l’UE « devrait compter au moins 5 000 hommes », selon le rapport du Parlement européen. Lors des négociations initiales, les États membres s’étaient abstenus de fixer ce nombre comme un minimum, créant plutôt une « capacité qui nous permettra de déployer rapidement une force modulaire allant jusqu’à 5 000 hommes ».

Les députés soulignent également que « le nombre exact de troupes minimales ne peut être évalué qu’après que les planificateurs conceptuels aient analysé les scénarios potentiels ».

Ils ajoutent que les 5 000 hommes ne devraient pas inclure les « facilitateurs stratégiques », tels que le personnel de transport aérien et maritime, les moyens de renseignement, les communications par satellite, les forces d’opérations spéciales ou les unités d’évacuation médicale et de soins.

Afin de permettre un déploiement rapide sur le terrain, les États membres « doivent notifier au quartier général de la CDR de l’UE les unités et les équipements, y compris les moyens de transport aérien, maritime et terrestre, qui seront mis en permanence à la disposition de la CDR de l’UE », indique le rapport.

Ainsi, « le pays responsable pourra les déployer sans délai ».

Afin d’éviter un problème de partage des charges entre les États membres, les « pays qui ne disposent pas de capacités suffisantes en termes de personnel, de matériel ou de logistique devraient conclure des accords préalables avec d’autres pays afin d’être en mesure de remplir leurs engagements envers la CDR de l’UE lorsqu’ils prendront la direction de la CDR de l’UE », explique le rapport.

Pas de partage avec l’OTAN

Les législateurs de l’UE ont également tenu à demander que le personnel attribué à la capacité de déploiement rapide de l’UE ne soit pas également affecté à d’autres missions ou placé sous le contrôle d’autres missions.

« Tous les éléments de la force de la CDR de l’UE devraient lui être exclusivement affectés », affirment les législateurs de l’UE, à une exception près, à savoir la « possibilité pour les États membres de les appeler à des tâches nationales en cas d’urgence ».

Cette mesure garantirait qu’en cas d’événement important nécessitant la mobilisation de capacités internationales, les troupes ne puissent pas être appelées à la fois sous le drapeau de l’UE et sous celui de l’alliance militaire transatlantique dirigée par les États-Unis, une question que les États membres ont soulevée lors des négociations de l’année dernière.

« Seule une « casquette unique » garantira l’opérationnalisation de la CDR de l’UE et la disponibilité de ses forces et capacités en cas de crise », indique le rapport, ce qui impliquerait « d’aligner les catégories de préparation de la CDR de l’UE sur le modèle de force de l’OTAN ».

Le diplomate en chef de l’UE, Josep Borrell, a été appelé à « jouer un rôle majeur dans la synchronisation des actions avec l’OTAN afin que les ambitions de l’UE ne soient pas influencées par l’OTAN et vice versa », ont déclaré les législateurs de l’UE.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]