Le Parlement européen n’achètera pas de nouveau bâtiment à Strasbourg

Selon une note obtenue par EURACTIV, le Parlement européen semble avoir abandonné ses projets d’achat d’un bâtiment supplémentaire à Strasbourg.

/ Euractiv.com
European Parliament building in Strasbourg
 À la suite de la proposition avantageuse des autorités françaises, la possibilité de louer le bâtiment sur la base de la prospection du marché n’est plus à l’ordre du jour », indique la note du Bureau. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Selon une note obtenue par EURACTIV, le Parlement européen semble avoir abandonné ses projets d’achat d’un bâtiment supplémentaire à Strasbourg.

Le Parlement européen avait l’intention de faire l’acquisition du bâtiment baptisé « Osmose » récemment construit à côté du bâtiment principal de l’institution dans le cadre d’un accord d’échange qui permettrait de convertir le bâtiment Salvador De Madariaga, qui abrite les bureaux du personnel de l’Assemblée, en hôtel.

Le bâtiment Osmose est composé de 15 000 mètres carrés d’espace de bureaux et a été construit par un entrepreneur privé et achevé en 2021 dans l’espoir que le Parlement l’achète.

En février 2022, Clément Beaune, alors ministre français des Affaires européennes, a annoncé qu’un accord de principe avait été conclu pour que le Parlement achète le nouveau bâtiment. Les eurodéputés avaient ensuite approuvé, en octobre dernier, l’achat du bâtiment.

Ce projet s’inscrivait dans le cadre d’une rénovation ambitieuse des locaux du Parlement, comprenant notamment une rénovation de 500 millions d’euros du bâtiment Paul-Henri Spaak à Bruxelles, qui abrite l’hémicycle.

Cependant, au vu de la vive opposition des groupes socialiste et écologiste qui ont critiqué l’idée d’acquérir de nouveaux locaux coûteux dans un contexte de crise du coût de la vie dans toute l’Europe, la direction du Parlement semble avoir abandonné le projet d’achat du bâtiment Osmose.

La note du Bureau de l’institution indique que le Parlement s’est vu proposer un bail à long terme pour le bâtiment Osmose de 700 000 euros par an, bien en deçà de la valeur de marché de la location du bâtiment, qui se chiffre à près de 3,4 millions d’euros par an.

« À la suite de la proposition avantageuse des autorités françaises, la possibilité de louer le bâtiment sur la base de la prospection du marché n’est plus à l’ordre du jour », peut-on lire dans la note du Bureau.

Une décision finale sur la question devrait être prise en juin.

La décision de poursuivre sur la voie de la location a été prise à une courte majorité soutenue par le Parti populaire européen (PPE), Renew Europe et le Parti des conservateurs et réformistes européens (CRE).

La nécessité d’achat d’un bâtiment de 12 200 mètres carrés supplémentaires d’espace de bureau a été soulignée dans une évaluation réalisée par les services du Parlement. Cependant, les groupes de gauche continuent de contester la nécessité d’un tel achat.

La note du Bureau indique également que les services du Parlement ont « demandé des clarifications et des informations supplémentaires concernant les conditions liées à l’offre très intéressante des autorités françaises et les besoins réels d’espace supplémentaire à Strasbourg, ainsi que tout projet pertinent relatif au bâtiment [Salvador de] Madariaga, avant toute négociation future avec les autorités françaises ».

La ville de Strasbourg est le siège officiel du Parlement européen. Toutefois, dans les faits, l’essentiel du travail parlementaire est réalisé à Bruxelles, la capitale alsacienne n’accueillant que les sessions plénières mensuelles. Ces va-et-vient mensuels sont l’objet de débats depuis des dizaines d’années entre partisans d’un siège unique à Bruxelles et défenseurs du statut de capitale européenne de Strasbourg.

Il est également à noter que le Secrétariat général du Parlement européen se situe à Luxembourg.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]