Le Parquet slovaque abandonne les poursuites contre Robert Fico pour sa rencontre avec Vladimir Poutine

Le Bureau du Procureur général slovaque a rejeté une plainte pénale contre le Premier ministre, Robert Fico, concernant son voyage à Moscou en décembre dernier, balayant les préoccupations d’« ingérence politique »  et de risques pour la sécurité.

EURACTIV Slovaquie
Slovak Prime Minister Robert Fico Meets With Scholz In Berlin
Le Premier ministre slovaque Robert Fico. [Getty Images/Sean Gallup]

Le Bureau du Procureur général slovaque a rejeté une plainte pénale contre le Premier ministre, Robert Fico, concernant son voyage inattendu à Moscou en décembre dernier, balayant les préoccupations d’« ingérence politique »  et de risques pour la sécurité.

La rencontre de Robert Fico avec Vladimir Poutine le 22 décembre a déclenché des manifestations nationales sous le slogan « La Slovaquie est l’Europe », qui ont rassemblé plus de 100 000 personnes dans plus de 40 villes vendredi dernier.

Sa visite a également conduit l’association Paix pour l’Ukraine à déposer une plainte pénale contre le Premier ministre slovaque, soupçonnant que sa visite constituait un acte de sabotage. L’association a invoqué comme motifs le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre Vladimir Poutine et le fait que la Russie considère la Slovaquie comme hostile — et donc comme ennemie.

Cependant, comme l’a rapporté lundi le quotidien slovaque Denník N, le procureur Aurel Pardubský avait déjà décidé fin janvier de rejeter la plainte, déclarant qu’elle « n’avait pas de dimension pénale » et reposait uniquement sur une « interprétation politique ».

Le procureur a fondé sa décision sur des sources accessibles au public, et n’a même pas convoqué le Premier ministre pour l’interroger.

« D’après des sources accessibles au public, mais provenant de participants à la réunion en question, il a été systématiquement confirmé que l’objet de la réunion était une discussion, un échange de points de vue et d’opinions sur la question de la garantie de l’approvisionnement en gaz de la Fédération de Russie », a écrit le procureur à propos de la réunion des deux dirigeants à Moscou.

Selon lui, rien n’indique que Robert Fico et Vladimir Poutine aient conclu un nouvel acte juridique. Il estime également que ni le mandat d’arrêt de la CPI contre le président russe ni la désignation de la Slovaquie comme État hostile par la Russie n’avaient d’incidence sur la conclusion qu’aucun acte de sabotage n’avait eu lieu.

« Un événement ou une action ne devient pas une infraction pénale simplement parce que le plaignant le désigne comme tel dans une déclaration pénale », a-t-il souligné.

L’association Paix pour l’Ukraine a critiqué la décision du procureur, insistant sur le fait que la visite de Robert Fico au Kremlin contredit les engagements de la Slovaquie en tant qu’État membre de l’Union européenne (UE). Ils ont par ailleurs souligné que le procureur n’avait jamais interrogé Robert Fico et avait pris sa décision uniquement sur la base des opinions exprimées sur les réseaux sociaux.

« Nous insistons sur le fait que le Bureau du Procureur général avait l’obligation légale de recueillir correctement les preuves, en interrogeant par exemple le Premier ministre et en déterminant ce dont il a discuté avec le meurtrier de masse Vladimir Poutine, plutôt que de classer l’affaire après avoir simplement surveillé les réseaux sociaux », a déclaré l’association dans un communiqué officiel publié lundi.

L’association Paix pour l’Ukraine a également confirmé avoir fait appel de la décision.

(AM)