Le parti hongrois de centre droit s'engage à interdire l'achat de terrains par les étrangers
Le parti de l'opposition hongroisFidesz, affilié au Parti populaire européen, empêchera les étrangers d'acheter des terres arables sans limite de temps s’il remporte les élections du mois prochain, a dit le dirigeant du parti Viktor Orban le 31 mars. Fidesz devrait obtenir la majorité absolue au Parlement.
Le parti de l'opposition hongroisFidesz, affilié au Parti populaire européen, empêchera les étrangers d'acheter des terres arables sans limite de temps s’il remporte les élections du mois prochain, a dit le dirigeant du parti Viktor Orban le 31 mars. Fidesz devrait obtenir la majorité absolue au Parlement.
Les étrangers n'achèteront jamais de terres arables ici, peu importe ce qu'ils décident à Bruxelles, a dit M.Orban,ancien premier ministre, selon une citation de l'agence de presse nationale MTI. Je suis engagé à défendre le territoire hongrois.
S'il est mis en application, son engagement pourrait mettre Budapest en désaccord avec ses partenaires de l'Union européenne et la conduire en fin de compte devant la Cour de justice, parce qu’elle contreviendrait à la libre circulation des capitaux – un principe fondamental du traité de l'UE.
Le traité d'adhésion de la Hongrie en 2004 a bloqué l'achat de terres par les étrangers jusqu'à 2011 dans le but d'empêcher les riches investisseurs européennes d'acheter de larges portions de terres arables dans un nouvel Etat membre plus pauvre. Des clauses de transition similaires ont été négociées par d'autres nouveaux entrants ex-communistes tels que la Pologne et la République tchèque.
L'agriculture compte pour environ 4,3 % du PIB de la Hongrie mais la question des terres touche un point politique sensible dans un pays enclavé qui a enduré la domination étrangère et connaît de profondes traditions agraires.
Le parti d'extrême droite Jobbik, dont les sondages montrent qu'il pourrait devenir la seconde force politique après le Fidesz, a rassemblé la majeure partie de son soutien en appelant à une renégociation du traité d'adhésion et à un blocage de l'achat de terrains par les étrangers.
Le Parlement hongrois a voté une résolution en février, l'un de ses derniers actes avant la fin des sessions plénières en amont des élections, autorisant le gouvernement à négocier une reconduction des restrictions de deux ans avec l'Union européenne.
Toutefois, M. Orban a affirmé que l'UE en avait peu dit sur la question.
L'avenir des terres hongroises ne dépend pas de la décision de Bruxelles, a-t-il affirmé, mais seulement de nous.
Même les socialistes, qui dirigent actuellementle pays et devraient perdre largementces élections, ont mentionné la question dans leur programme électoral.
Nous continuerons à protéger notre plus grande propriété et trésor national, la terre, énonce le programme, sans donner d'information spécifique.
Le Fidesz, au pouvoir entre 1998 et 2002, prend la question particulièrement à cœur, et son actuel programme électoral distingue l'agriculture comme un vecteur clé de la reprise économique.
Lorsqu'il était au pouvoir, le parti s'est montré intransigeant sur les achats de terres par les étrangers, qui étaient devenus très courants, en particulier le long de la frontière ouest avec l'Autriche, qui a dirigé la Hongrie dans le cadre de l'empire austro-hongrois jusqu'à la fin de la Première guerre mondiale.
M. Orban a dit qu'en 2001 presque ¼ des fermes hongroises dans l'ouest étaient en effet détenues par des Autrichiens, la plupart d'entre eux ayant utilisés des intermédiaires hongrois pour acheter leur terrain.
Chaque agriculteur autrichien qui a acheté du terrain en Hongrie devrait être ravi de l'avoir obtenu, a alors affirmé M. Orban.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)