Le Parti radical de gauche refuse l'union de la gauche à cause de la désobéissance européenne
Le Parti radical de gauche ne prendra pas part à la Nouvelle union populaire écologique et sociale, notamment en raison du désaccord avec le principe d’une « désobéissance européenne » et investira 80 candidats.
Le président du Parti radical de gauche a annoncé lundi (16 mai) que son parti ne prendra pas part à la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), notamment en raison du désaccord avec le principe d’une « désobéissance européenne » et investira 80 candidats.
Interrogé sur la chaîne Public Sénat, le patron du Parti radical de gauche (PRG) Guillaume Lacroix a confirmé la position exprimée par la direction du parti affirmant « son indépendance aux élections législatives de 2022 », refusant ainsi de participer à l’union de la gauche.
Une « unité factice »
Au total, ce sont environ 150 candidats qui seront soutenus par le PRG, dont notamment des socialistes qui se présentent en dissidence de la NUPES, tandis que le parti en tant que tel investira 80 candidats dans toute la France.
Selon lui, l’accord entre les principales forces de gauche met en place une « unité factice », dans laquelle les participants manqueraient de sincérité.
M. Lacroix se désole que dans cette union « chacun aille abjurer 30 ans de vie politique et veuille bien se soumettre à la plateforme programmatique de la partie la plus à gauche du spectre ».
Traditionnellement, les sociaux-démocrates et même les écologistes, très pro-européens, se sont opposé la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon sur de nombreux sujets.
« Un accord n’est pas se ranger derrière le projet de quelqu’un », détaille le président du PRG.
Et c’est précisément le contenu du programme de la NUPES qui pose problème au Parti radical de gauche, notamment en ce qui concerne les questions européennes.
Selon M. Lacroix, en vertu de cet accord, les socialistes et les écologistes expliquent maintenant « qu’il faut désobéir » aux règles européennes et choisissent d’investir des candidats qui « combattent la construction européenne et la république universaliste et laïque ».
« Ça n’est plus la gauche », s’attriste-t-il.
Alors qu’il croit à une « gauche capable d’entendre les colères sociales et les traduire en réformes positives », celle de M. Mélenchon se contente d’ « être le porte-voix des colères », ce qui ne suffirait pas pour gouverner.
Malgré tout, il ne se dit pas opposé à une union de la gauche par principe : si la NUPES est « une occasion manquée d’avoir une unité crédible », alors « c’est l’indépendance qui prévaut » pour son parti.
Sans s’en prendre personnellement à M. Mélenchon, Guillaume Lacroix s’inquiète davantage des personnes qui l’entourent, dont certains qu’il qualifie même d’ « ultras ».
Il met implicitement en cause certains leaders et candidats de l’Union, dont Aymeric Caron qui a évoqué l’idée d’un « permis de voter », Sandrine Rousseau qui voudrait envoyer « la police dans les foyers pour voir si les tâches ménagères sont respectées » ou encore Taha Bouhafs et ses « propos outranciers ».
Ce dernier a finalement retiré sa candidature en raison des accusations d’agression sexuelle portées à son encontre et de la pression médiatique qu’il subissait pour des propos tenus dans le passé.
Le problème principal de l’union telle qu’elle s’est dessinée aujourd’hui réside dans le manque d’un « point d’équilibre et de centralité », ayant abouti à une dominance de La France insoumise.
Tandis que les Insoumis affirment vouloir recréer le Front populaire qui avait amené la gauche au pouvoir entre 1936 et 1938, M. Lacroix rappelle que « c’était avant tout des députés radicaux et des députés centristes », insistant sur la nécessité d’une forme de modération pour accéder au pouvoir.
Mais le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, qui ont porté un « projet républicain, laïque, universaliste » dans leur histoire, se retrouvent aujourd’hui « à investir des candidats qui combattent cette vision de la République ».
Une vraie union serait impossible à mettre en place en aussi peu de temps, « après autant de guerres larvées ou ouvertes entre les partis de gauche ».
Et après les législatives ?
En affirmant que la France se trouve « à un moment de recomposition politique », Guillaume Lacroix veut faire « évoluer l’offre de la gauche de gouvernement » qui doit « adapter ses fondamentaux au quotidien du XXIe siècle », sans les renier pour autant. Cela ne peut pas passer par le projet des insoumis selon lui.
Il tend ainsi la main à ceux qui refusent l’accord avec M. Mélenchon, dont Carole Delga et Bernard Cazeneuve, mais aussi aux « personnes qui quittent la majorité présidentielle et qui souhaitent être en indépendance ».
Avec trois députés sortants sur 577, M. Lacroix espère en faire élire au moins quinze afin de pouvoir constituer un groupe à l’Assemblée.