Le Parti socialiste européen exclura définitivement le parti slovaque SMER de Robert Fico en octobre

Le Parti socialiste européen (PSE) procèdera à l’exclusion définitive du parti SMER du Premier ministre slovaque Robert Fico lors d’un congrès qui se tiendra en octobre, selon quatre sources au fait de la décision.

EURACTIV.com
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Le Premier ministre slovaque Robert Fico. [EPA/VLADIMIR SMIRNOV_SPUTNIK_KREMLIN]

Le président du Parti socialiste européen, Stefan Löfven soumettra la décision — dont nous avions fait mention dans notre newsletter Rapporteur ce mardi matin — pour ratification lors d’un congrès du parti paneuropéen qui s’ouvrira le 16 octobre à Amsterdam. Le PSE rassemble les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes de tous les pays de l’Espace économique européen, ainsi que du Royaume-Uni.

La décision d’exclusion définitive intervient après que les progressistes ont perdu patience avec Robert Fico, qui s’est rapproché des dirigeants russe et chinois Vladimir Poutine et Xi Jinping, et qui est accusé de bafouer l’État de droit dans son pays.

Le Premier ministre slovaque a également activement cherché à entraver les efforts de l’UE pour sanctionner la Russie et réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.

En octobre 2023, le SMER – social-démocratie avait été suspendu par le PSE pour avoir formé un gouvernement avec le Parti national slovaque (SNS) d’extrême droite. Le mois prochain, il se vera définitivement exclu.

Cette exclusion isolera encore un peu plus Robert Fico au niveau européen, sans possibilité de retour dans le courant dominant. À Bruxelles et à Strasbourg, ses eurodéputés opèrent déjà en marge du Parlement européen après avoir été suspendus du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) en 2023 suite à la suspension par le PSE.

Le parti de Robert Fico avait déjà été suspendu du PSE en 2006 pour la même raison : il était déjà entré au gouvernement avec le SNS à l’époque.

« Je pense que le fait que les Européens fassent pression et que la population slovaque fasse pression va ouvrir les yeux de nombreux électeurs », a commenté Lucia Yar, députée européenne du parti d’opposition Slovaquie progressiste (Renew Europe).

« Ils voient qu’il [Robert Fico] ne travaille pas seulement avec les nationalistes, mais aussi avec Poutine, Xi Jinping et toutes sortes de dirigeants autoritaires », a déclaré l’eurodéputée slovaque, qui a travaillé pour Euractiv Slovaquie.

Contacté pour commenter l’information, le SMER n’a pas souhaité répondre.

Des manifestations anti-gouvernement organisées par le parti Slovaquie progressiste et d’autres petits partis d’opposition sont attendues mardi soir dans 16 villes.

Mais la décision d’exclusion « n’aura probablement aucun impact en Slovaquie », selon Anton Spisak, du groupe de réflexion Centre for European Reform. « [Robert] Fico s’est positionné comme un opposant au courant dominant de l’UE, et aucun de ses électeurs ne sera dérangé par cette décision. »

« Cette décision est même attendue depuis longtemps », explique-t-il.

(asg)