Le plan climat allemand obtient des analyses mitigées [FR]

En s’engageant à réduire jusqu’à 36 % les émissions de CO2 d’ici 2020 comparé aux niveau de 1990, le 24 août, le gouvernement allemand a convenu d’un plan climat et énergie ambitieux. Les critiques le considèrent toutefois trop coûteux et assurent qu’il ne parviendra pas à remplir ses objectifs. 

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En s’engageant à réduire jusqu’à 36 % les émissions de CO2 d’ici 2020 comparé aux niveau de 1990, le 24 août, le gouvernement allemand a convenu d’un plan climat et énergie ambitieux. Les critiques le considèrent toutefois trop coûteux et assurent qu’il ne parviendra pas à remplir ses objectifs. 

  • Favoriser les energies renouvelables

Le plan du gouvernement appelle à augmenter la part d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables de 25 à 30 % d’ici 2020. Pour le chauffage à usage domestique, cette part est fixée à 14 %. 

Alors que l’Allemagne est actuellement le plus grand utilisateur d’énergie éolienne dans le monde, la part globale d’énergie renouvelable dans l’ensemble de sa production énergétique s’est maintenue à 5,8 % en 2006, selon le ministère national des Finances. Ce pourcentage est légèrement inférieur à la moyenne européenne de 6%. 

La Commission aurait récemment décidé d’opter pour une hausse de 13 % d’utilisation des énergies renouvelables dans chaque Etat membre, plutôt que de définir des objectifs individuels (EURACTIV 01/08/07). 

Mais les dirigeants nationaux se sont déjà déclarés en faveur d’un système d’objectifs différentiés basés sur le potentiel de chaque Etat membre, ce qui mettrait l’Allemagne en tête avec un des objectifs d’utilisation d’énergies renouvelables les plus élevés.

En décembre, la Commission fera une proposition concernant la meilleure façon de partager la charge des énergies renouvelables entre les Etats membres.

  • L’étiquette de prix “verte”

Outre l’ajout de ces énergies renouvelables, le gouvernement allemand souhaite accroître l’efficacité énergétique des bâtiments de 30% d’ici 2008, puis encore de 30 % d’ici 2012. 

Si ce plan est approuvé, les propriétaires recevront 2,6 milliards d’euros sous la forme de subventions du gouvernement en 2008 afin d’aider à financer ces améliorations, saluée par le ministre allemand de l’Environnement Sigmar Gabriel comme une hausse de 200% depuis 2005.

En revanche, selon le Suddeutsche Zeitung, les locataires craignent de ne pas bénéficier suffisamment des améliorations en matière d’efficacité, les factures plus basses pour l’énergie pouvant ne pas compenser une hausse probable et plus importante du prix des loyers.

Le secteur de l’industrie appréhende également la hausse des prix, il cite une analyse économique provenant du ministère et qui estime le coût du plan climat et énergie à 70 milliards d’euros avant qu’il soit question d’économies en matière d’efficacité énergétique.

Les estimations de Gabriel sont plus basses, à 8 milliards d’euros, et prédisent que les améliorations en matière d’efficacité énergétique permettront d’économiser 13 milliards d’euros.

Le gouvernement considèrera également d’étendre les subventions à la partie Est de l’Allemagne, anciennement communiste.

  • Un bon timing 

Bien que généralement considéré comme un gouvernement faible étant donné le partage du pouvoir entre deux parties politiques dont les visions pour gouverner sont diamétralement opposées, la coalition rouge-noir s’est fait un nom dans le leadership environnemental sous la personne de Sigmar Gabriel. 

Le gouvernement a également bénéficié du premier ajout budgétaire depuis la réunification de l’Allemagne en 1990, donnant libre cours aux inquiétudes concernant des coûts supplémentaires pour rendre l’économie « écologique ». De plus, dans un récent sondage, la Chancelière allemande Angela Merkel a obtenu un score sans précédent de 76 %, la côte de popularité la plus élevée obtenue par un Chancelier d’après-guerre.