Le plan d’expulsion des Palestiniens de Donald Trump est « immoral », selon Pedro Sánchez
La récente proposition du président américain Donald Trump d’expulser les Palestiniens de Gaza est « immorale », a déclaré mercredi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez après avoir rencontré le président égyptien, Abdel Fattah El-Sisi, à Madrid.
MADRID — La récente proposition du président américain Donald Trump d’expulser les Palestiniens de Gaza est « immorale », a déclaré mercredi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez après avoir rencontré le président égyptien, Abdel Fattah El-Sisi, à Madrid.
Pedro Sánchez, qui dirige le gouvernement de coalition entre son parti, le Partido Socialista Obrero Español (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) et la plateforme de gauche Sumar (La Gauche), a reçu le président égyptien mercredi au siège de l’exécutif à Madrid, avant de tenir une conférence de presse au cours de laquelle ils ont tous deux vivement critiqué la récente proposition d’expulser les quelque 2 millions de Palestiniens de Gaza vers les pays voisins, notamment l’Égypte ou la Jordanie.
« Gaza appartient aux Palestiniens et fait partie du futur État palestinien », a affirmé le Premier ministre espagnol, sans nommer directement le président américain.
L’expulsion des Palestiniens de Gaza serait « immorale et contraire au droit international et aux résolutions des Nations unies », a-t-il ajouté.
Pour Pedro Sánchez, un déplacement de la population de Gaza aurait également un effet déstabilisateur sur le Proche-Orient et le monde entier.
À cet égard, le chef du gouvernement espagnol a rappelé que Madrid soutient une solution politique au conflit israélo-palestinien qui inclut la coexistence pacifique des deux États, Israël et la Palestine, ainsi que la proposition du sommet de la Ligue arabe qui se tiendra au Caire le 4 mars sur la reconstruction de Gaza.
L’Espagne est le plus grand contributeur à la mission de l’Union européenne (UE) au poste-frontière de Rafah en soutien à l’Autorité palestinienne, qui est censée reprendre le pouvoir à Gaza.
Lors de sa visite en Égypte en novembre 2023, Pedro Sánchez s’était engagé à ce que Madrid reconnaisse l’État palestinien, même si l’UE n’acceptait pas de le faire conjointement.
Le Premier ministre espagnol a tenu sa promesse et, en mai de l’année dernière, l’Espagne a reconnu l’État palestinien aux côtés de l’Irlande et de la Norvège — une décision largement applaudie par les pays arabes, notamment l’Égypte mais vivement critiquée par Israël.
(AM)