Le PPE accueille de nouveaux membres et approche les conservateurs belges de la N-VA

Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit devrait accueillir officiellement 11 nouveaux membres, mais la direction du parti envisage également une alliance plus étroite avec le parti belge N-VA, actuellement membre du groupe d’extrême droite CRE.

Euractiv.com
New Flemish Alliance leader delivers address after first results of Belgium’s general, regional and EU elections
Au cours des cinq dernières années, la N-VA — un parti conservateur et nationaliste qui prône la dissolution de la Belgique et l’indépendance de la Flandre — et le PPE ont développé un partenariat solide. [EPA-EFE/FREDERIC SIERAKOWSKI]

Le Parti populaire européen (PPE), groupe de centre droit au Parlement européen, devrait accueillir officiellement 11 nouveaux membres lors d’une réunion mardi (18 juin), mais la direction du parti envisage également une alliance plus étroite avec le parti belge N-VA, qui siège actuellement à l’extrême droite de l’hémicycle.

Les nouveaux membres des Pays-Bas, de la Hongrie et du Danemark ont porté le nombre de sièges du PPE à 190. Le groupe est désormais de loin le plus important au Parlement européen, suivi par les Socialistes et Démocrates (S&D) avec 136 sièges, après les résultats des élections européennes de la semaine dernière.

Selon des sources du PPE, la direction du groupe a également un intérêt à accueillir la N-VA belge, actuellement assise aux côtés de Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE).

Au cours des cinq dernières années, la N-VA — un parti conservateur et nationaliste qui prône la dissolution de la Belgique et l’indépendance de la Flandre — et le PPE ont développé un partenariat solide.

« Ces cinq dernières années, j’ai très bien travaillé avec le président de la commission des Budgets au Parlement européen, Johan van Overtveld [de la N-VA]. Dans les processus législatifs, mes collègues du PPE ont également eu une bonne expérience avec la N-VA », a confié à Euractiv l’eurodéputé roumain Sigfried Mureșan, vice-président du PPE.

Pour l’instant, les partis belges siégeant avec le PPE sont Les Engagés et la CD&V. Une source de cette délégation a souligné que « la N-VA a objectivement voté selon la ligne du PPE pour de nombreux dossiers », et a ajouté qu’ils étaient ouverts à ce que le parti les rejoigne, « mais cela dépend de la nature de l’accord ».

Les Engagés sont par ailleurs sur le point de quitter le PPE pour rejoindre le groupe libéral Renew Europe, ce qui ouvre la porte du centre droit à la N-VA.

En Belgique, des élections fédérales ont eu lieu le 9 juin, en parallèle des Européennes. La N-VA, qui a obtenu le plus de voix, est en passe de devenir l’un des principaux partis du futur gouvernement, puisque son leader, Bart De Wever, a été chargé de négocier la nouvelle coalition gouvernementale. Il est lui-même l’un des favoris pour devenir le prochain Premier ministre belge.

La future composition des CRE sera déterminante afin de savoir si la N-VA quittera le navire des Conservateurs et Réformistes européens au profit du PPE.

Considérée comme l’une des délégations modérées au sein de la faction d’extrême droite, la N-VA serait incitée à changer de groupe si le parti controversé Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, actuellement non affilié, rejoignait CRE.

Après des négociations actives au cours des dernières semaines, aucune demande officielle n’a été soumise par la N-VA et il n’y aura donc pas de vote sur son adhésion lors de la réunion de mardi. La situation pourrait toutefois changer dans les mois à venir, et les négociations se poursuivront.

Cependant, l’adhésion de la N-VA serait une pilule difficile à avaler pour les eurodéputés espagnols — du Partido Popular, la deuxième plus grande délégation du groupe avec 22 sièges — car le parti nationaliste flamand a des liens étroits avec les partis indépendantistes catalans.

La N-VA n’a pas répondu à la demande de commentaire d’Euractiv.

Les nouvelles recrues hongroises, néerlandaises et danoises

L’une des nouvelles stars du groupe PPE sera le parti hongrois Tisza, dirigé par Peter Magyar, qui a toujours affirmé qu’il rejoindrait le PPE.

Peter Magyar est apparu comme le principal rival du Premier ministre Viktor Orbán cette année, après les scandales politiques qui ont secoué la Hongrie, entraînant la démission de la présidente du pays, Katalin Novák. Peter Magyar a entamé une campagne contre le leadership de Viktor Orbán, lançant des allégations de corruption dans les plus hautes sphères du gouvernement.

Le président du PPE, Manfred Weber, avait annoncé que la « porte était ouverte » pour les nouveaux venus hongrois lors d’une récente visite à Budapest.

Aux Pays-Bas, le Nouveau Contrat social (NSC) de centre droit, et le Mouvement agriculteur-citoyen (BBB), tous deux membres d’un nouveau gouvernement avec le Parti pour la liberté (PVV) d’extrême droite, rejoindront le groupe.

Le parti néerlandais qui siège actuellement au sein du PPE, l’Appel chrétien-démocrate (CDA), avait précédemment exprimé son opposition à l’adhésion de NSC et BBB, estimant que les deux partis avaient une « attitude eurosceptique, voire anti-européenne », selon son candidat tête de liste Tom Berendsen, mais il est maintenant revenu sur sa position.

Un eurodéputé de l’Alliance libérale du Danemark devrait également rejoindre le groupe.

Lorsque l’Alliance libérale s’est présentée sans succès aux élections européennes de 2019, elle avait pour objectif de rejoindre le groupe libéral Renew Europe, mais le parti a depuis changé de direction et de priorités politiques et opte pour le groupe de centre droit.

*Magnus Lund Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.