Le Premier ministre belge menace de bloquer le prêt pour l’Ukraine si ses exigences ne sont pas satisfaites

Bart De Wever a affirmé qu’il ferait « tout son possible » pour bloquer le nouveau prêt proposé par l’UE pour l’Ukraine, tant que les risques financiers et juridiques ne seront pas équitablement partagés entre les autres États membres et que ceux-ci ne mettront pas à profit les avoirs souverains russes gelés sur leur territoire.

EURACTIV.com
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Le Premier ministre belge Bart De Wever. [Getty Images/Nicolas Economou_NurPhoto]

S’exprimant avant le sommet des dirigeants de l’UE à Bruxelles, Bart De Wever a appelé à une « mutualisation totale des risques » liés à l’utilisation des actifs russes immobilisés pour soutenir Kiev — ce que la Commission européenne cherche à faire dans le cadre d’un « prêt de réparation » de 140 milliards d’euros.

Il a également demandé que d’autres États membres de l’UE fournissent des garanties financières au cas où l’argent devrait être remboursé à Moscou, et que d’autres pays « suivent » la Belgique — où est détenue la plupart des actifs russes immobilisés dans l’UE — en exploitant eux aussi les actifs souverains russes gelés.

La chambre de compensation Euroclear, basée à Bruxelles, abrite la plupart des actifs de la Banque centrale de Russie qui ont été immobilisés par l’UE peu après l’invasion russe à grande échelle en 2022, ce qui fait de la Belgique un acteur clé dans les discussions de l’UE. La Belgique est particulièrement méfiante quant au danger que ce projet pourrait représenter pour Euroclear.

« Nous savons qu’il y a d’énormes quantités d’argent russe dans d’autres pays qui gardent le silence à ce sujet », a assuré Bart De Wever. « Si nous agissons, nous devons le faire tous ensemble. C’est cela, la solidarité européenne. »

« Si ces trois exigences — qui sont tout à fait raisonnables, je pense — sont satisfaites, alors nous pourrons aller de l’avant », a-t-il ajouté. « Sinon, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir au niveau européen, mais aussi au niveau national, sur le plan politique et juridique, pour empêcher cette décision. »

Annoncé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans son discours sur l’état de l’Union en septembre, ce prêt est soutenu par l’Allemagne, la France et les États baltes. Ils affirment que ce plan est une bouée de sauvetage essentielle pour soutenir l’Ukraine, frappée par des attaques aériennes russes de plus en plus violentes ces derniers mois.

Mais la Belgique, le Luxembourg et la Banque centrale européenne (BCE) se montrent plus prudents, même si ce prêt permettrait aux capitales de l’UE en difficulté financière d’éviter d’avoir à contribuer financièrement pour soutenir l’Ukraine.

Les trois exigences de Bart De Wever font suite aux six points qu’il a soulevés concernant le prêt à l’intention des dirigeants après le précédent sommet du Conseil européen à Copenhague au début du mois.

Il s’agissait notamment de la nécessité de respecter le droit international, des risques potentiels pour la stabilité de la zone euro et de l’importance de se pencher sur le sort d’un prêt distinct de 45 milliards d’euros accordé par le G7 — basé sur les bénéfices des actifs plutôt que les actifs eux-mêmes — si le prêt de réparation de l’UE était accordé.

Jeudi, Bart De Wever a également exhorté la Commission à présenter une « base juridique » pour son projet d’utilisation des actifs. « Ce n’est pas un détail : même pendant la Seconde Guerre mondiale, les actifs immobilisés n’ont jamais été touchés », a-t-il insisté.

« Je serais surpris que nous y parvenions aujourd’hui, mais des miracles se sont déjà produits », a ajouté le Premier ministre belge.