Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez demande une mise en œuvre rapide du Pacte sur la migration et l’asile
Mercredi 9 octobre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé qu'il demanderait à la Commission européenne d’avancer d’un an l’entrée en vigueur du Pacte européen sur Ia migration et l’asile.
Mercredi 9 octobre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé qu’il demanderait à la Commission européenne d’avancer d’un an l’entrée en vigueur du Pacte européen sur Ia migration et l’asile.
Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier/PSOE, Parti socialiste européen) a annoncé devant le parlement qu’il demanderait à Bruxelles d’avancer d’un an la mise en œuvre du pacte, adopté en mai 2024, en la faisant passer de 2026 à 2025.
La déclaration du Premier ministre espagnol intervient dans un contexte de crise migratoire croissante en Espagne.
Depuis le mois d’août dernier, les îles Canaries, au large des côtes africaines, ont connu une augmentation significative des arrivées, et les centres d’accueil pour mineurs non accompagnés sont au bord de l’effondrement.
Pour tenter de remédier à la situation, Pedro Sánchez a annoncé qu’avant la fin de son mandat (en 2027), le réseau national d’accueil des exilés, dont la capacité actuelle est de 50 000 personnes, sera renforcé pour accueillir 6 000 personnes supplémentaires.
Les défis actuels aux Canaries et dans les enclaves de Ceuta et Melilla en Afrique du Nord, ainsi que la crise humanitaire qui en résulte, ont déclenché une bataille politique entre le gouvernement progressiste et l’opposition de droite et d’extrême droite.
Le Parti populaire espagnol (Parti populaire européen), principale force d’opposition au parlement, a accusé le Premier ministre de présider à une politique migratoire « inhumaine », tandis que le parti d’extrême droite Vox, troisième force au parlement, affirme que l’exécutif a provoqué un dangereux « effet d’attraction ».
Toutefois, le Premier ministre social-démocrate a mis en garde contre la montée de la rhétorique xénophobe.
« Nous — les Espagnols — sommes les enfants de l’immigration, nous n’allons pas être les parents de la xénophobie », a déclaré le Premier ministre.
Selon un rapport publié mardi 8 octobre par El País, 57 % des Espagnols estiment qu’il y a « trop » d’immigrés en Espagne et 75 % les associent à des concepts négatifs.
Sur les 49 millions d’habitants que compte l’Espagne, 8,8 millions sont nés à l’étranger, ce qui représente 18,1 % de la population totale, selon un rapport de Funcas et les données de l’INE.
Pedro Sánchez a assuré que Madrid ferait pression pour que Bruxelles adopte une politique coresponsable et solidaire, « exigeant que toute l’Europe s’implique effectivement dans la gestion des flux d’arrivées que reçoivent les pays méditerranéens ».
Entre autres mesures, le gouvernement espagnol souhaite réformer l’actuelle loi nationale sur l’immigration afin de rendre obligatoire — et non plus volontaire comme c’est le cas actuellement — l’accueil des personnes mineures dans les 17 communautés autonomes.
Le Parti populaire (PP) et Vox, qui gouvernent en coalition dans plusieurs régions et municipalités, s’opposent farouchement à cette mesure.