Le premier ministre italien appelle à l’unité en temps de crise
La crise de la dette en Europe met à mal les valeurs qui unissaient autrefois le continent et la monnaie unique risque de créer de nouveaux fossés à travers l’Union européenne. C’est ce qu’a déclaré hier (9 septembre) le premier ministre italien, Mario Monti.
La crise de la dette en Europe met à mal les valeurs qui unissaient autrefois le continent et la monnaie unique risque de créer de nouveaux fossés à travers l’Union européenne. C’est ce qu’a déclaré hier (9 septembre) le premier ministre italien, Mario Monti.
M. Monti a appelé l'Union des Vingt-sept à se réapproprier les valeurs de tolérance, de solidarité et de bien commun qui sont à la base de la construction de l'UE. Selon le premier ministre italien, l'Europe est aux prises avec une crise qui s'étend bien au-delà de ses problèmes économiques.
« Cette crise met à mal les fondations de l'humanisme qui ont permis à l'Europe de voir le jour et de se développer », a-t-il déclaré lors d'une conférence rassemblant des dirigeants religieux et politiques en Bosnie.
« Paradoxalement, le facteur d'unité qu'était l'euro […] risquait et risque encore d'être la source de nouvelles divisions et de nouvelles ruptures en Europe », a-t-il ajouté.
Samedi, M. Monti a appelé à la tenue d'un sommet à Rome sur les divisions provoquées par la crise de la dette dans la zone euro.
Ce sommet devrait porter sur la montée du populisme anti-européen, les divisions entre le nord et le sud et les préjugés nationalistes alimentés par le mécontentement face aux mesures d'austérité prises depuis le début de la crise il y a presque trois ans, a-t-il indiqué.
Lors de la Rencontre mondiale pour la paix organisée cette année par la communauté de Sant'Egidio à Sarajevo, M. Monti a déclaré que l'UE devait se concentrer sur l'unité.
« L'unité revêt une importance particulière en temps de crise pour trouver une solution, une méthodologie qui rassemble les citoyens plutôt que de les diviser », a-t-il expliqué.
L'ancien commissaire européen est à la tête du gouvernement italien qui a imposé des réformes douloureuses à sa population pour réduire la dette du pays.
En Italie comme en dehors, certains craignent que le prochain gouvernement qui sera élu au printemps prochain ne revienne sur ces réformes en raison de l'opposition croissante des citoyens face à ces mesures difficiles.
Dans ce contexte économique pénible, les électeurs européens ont été malmenés et des tensions sont nées entre les États créditeurs du nord et la partie sud de l'Europe, le berceau de la crise.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a soutenu l'appel de M. Monti pour un sommet sur la question et suggéré d'avancer la date d'une réunion visant à renforcer l'intégration européenne prévue fin 2014.