Le Premier ministre roumain invite Benjamin Netanyahou à Bucarest malgré le mandat d’arrêt de la CPI

L’annonce par le Premier ministre roumain, Marcel Ciolacu, d’une rencontre entre les gouvernements roumain et israélien à Bucarest et son invitation au Premier ministre Benjamin Netanyahou indiquent que la Roumanie compte défier le mandat d’arrêt international de la CPI.

EURACTIV.com
Romanian President Klaus Iohannis nominates Marcel Ciolacu as Prime Minister-designate
Le Premier ministre roumain Marcel Ciolacu fait une déclaration après avoir été nommé par le président roumain pour former un nouveau gouvernement au palais présidentiel de Cotroceni à Bucarest, en Roumanie, le 23 décembre 2024. [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]

L’annonce par le Premier ministre roumain Marcel Ciolacu d’une rencontre entre les gouvernements roumain et israélien à Bucarest et son invitation du Premier ministre Benjamin Netanyahou indiquent que la Roumanie pourrait être le prochain pays à défier le mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Premier ministre israélien.

La Roumanie est l’un des 125 signataires du statut de Rome de la Cour pénale internationale, et Benjamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour « crimes contre l’humanité » liés aux actions militaires menées par Israël à Gaza. Bucarest serait donc tenue d’arrêter le Premier ministre israélien dès qu’il mettrait le pied dans le pays.

Mais cela ne semble pas envisagé. En effet, Marcel Ciolacu a écrit sur X que la Roumanie et Israël partagent une relation d’importance stratégique et de solidarité, réitérant que le Premier ministre avait été invité à la réunion.

L’ancien Haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait déclaré en novembre que la décision de la CPI d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahou et de l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant était contraignante pour tous les États membres.

Mais quelques jours plus tard, la France avait déclaré qu’elle estimait que Benjamin Netanyahou bénéficiait d’une immunité contre les actions de la CPI, étant donné qu’Israël n’a pas signé le statut de Rome.

La Pologne a d’ailleurs récemment annoncé que le Premier ministre israélien bénéficierait d’une immunité d’arrestation s’il participait à des événements commémoratifs à Auschwitz, ce que la plupart des Polonais ont contesté.

De son côté, le président américain sortant, Joe Biden, a qualifié de « scandaleuse » l’émission de mandats d’arrêt contre des responsables israéliens, dont Benjamin Netanyahou.

Dans son message, Marcel Ciolacu n’a pas mentionné le mandat d’arrêt de la CPI.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le Premier ministre roumain s’est félicité de la libération d’un premier groupe de trois otages de la bande de Gaza, à la suite de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, en échange de 90 prisonniers palestiniens. Deux des otages libérées, Romi Gonen et Doron Steinbrecher, sont d’origine roumaine.

Marcel Ciolacu a salué les efforts soutenus et substantiels des médiateurs de haut niveau du Qatar, des États-Unis et de l’Égypte pour la conclusion de l’accord.

La Roumanie entretient d’excellentes relations avec Israël et, pendant la Guerre froide, elle a été le seul pays communiste à ne pas rompre ses liens diplomatiques. En avril 2018, la Roumanie a annoncé qu’elle transférerait son ambassade en Israël à Jérusalem.

Le 17 octobre 2023, Marcel Ciolacu, lors de son précédent mandat de Premier ministre, a été le premier dirigeant étranger à se rendre en Israël après l’attaque menée par le Hamas, qui a été suivie par l’invasion israélienne de Gaza, qui dure depuis plus de quinze mois, pendant laquelle plus de 46 000 Palestiniens ont été tués et plus de 110 000 blessés, selon les chiffres de l’ONU.

[AM]