Le président allemand compte retarder la ratification du pacte budgétaire
Joachim Gauck réclame l’intervention de la Cour de Karlsruhe pour s’assurer de la conformité à la Constitution allemande des nouvelles règles européennes. L’entrée en vigueur du fonds de sauvetage européen sera retardée.
Joachim Gauck réclame l’intervention de la Cour de Karlsruhe pour s’assurer de la conformité à la Constitution allemande des nouvelles règles européennes. L’entrée en vigueur du fonds de sauvetage européen sera retardée.
Hier, le gouvernement d’Angela Merkel s’est félicitée de l’accord trouvé avec l’opposition sur le pacte budgétaire et le mécanisme européen de stabilité (MES). Mais la joie a été de courte durée. Le même jour, le président allemand Joachim Gauck a annoncé qu’il ne signerait pas les deux textes après leur vote par les deux chambres du parlement allemand, prévu le 29 juin.
La manoeuvre politique vient du parti d’extrême gauche Die Linke et de l’ex-ministre social-démocrate Herta Däubler-Gmelin (SPD) qui ont déjà prévenu de leur intention de soumettre les traités, une fois voté, à la Cour constitutionnelle. En réaction, les juges de Karlsruhe ont expressément demandé au Président d’attendre sa décision qui nécessité en général un délai entre deux et trois semaines.
Calendrier
Le gouvernement ne pourra ainsi plus tenir le calendrier initial. Le principal fonds de sauvetage européen (MES), qui succédera au mécanisme temporaire FESF, ne pourra par conséquent probablement pas entrer en vigueur le 1er juillet, date initialement prévue.
Dans le projet de conclusions du prochain Conseil européen des 28 et 29 juin, les chefs d’État et de gouvernement prennent déjà en compte un retard de l’Allemagne et envisagent une ratification du MES pour le 9 juillet, rapporte l’agence de presse Reuters.
Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble (CDU) a critiqué, jeudi 21 juin, le comportement de la Cour constitutionnelle. « Je ne pense pas qu’il soit intelligent que des organes constitutionnels communiquent publiquement », a-t-il déclaré au Luxembourg.
Merkel fautive
Le chef de groupe social-démocrate au Bundestag Thomas Oppermann a parlé d’une mauvaise nouvelle pour la zone euro, selon Reuters. L’opposition considère par ailleurs que le retard est de la faute de la chancelière Angela Merkel.
« Cette confusion et cette pression, Merkel doit la mettre sur son propre compte », a déclaré le chef du groupe des verts au parlement Volker Beck au quotidien Handelsblatt. « Soit elle aurait dû prévoir le vote sur le MES plus tôt, soit ne pas retarder les négociations sur le pacte budgétaire pour des raisons électorales. »