Le président de l’Eurogroupe douche les espoirs des pays sous programme

Dans une interview accordée à plusieurs journaux européens, Jeroen Dijsselbloem jette plusieurs pavés dans la mare. Il éloigne la perspective du recours au mécanisme européen de stabilité et rejette l'idée d'une présidence stable pour l'eurogroupe.

EURACTIV.fr

Dans une interview accordée à plusieurs journaux européens, Jeroen Dijsselbloem jette plusieurs pavés dans la mare. Il éloigne la perspective du recours au mécanisme européen de stabilité et rejette l’idée d’une présidence stable pour l’eurogroupe.

Arrivé il y a six mois à la tête de l’Eurogroupe, le Néerlandais ne s’embarrasse pas des formules prudentes habituellement en vogue dans les institutions européennes. Dans une interview donnée à plusieurs journaux européens, dont le Figaro, Jeroen Dijsselbloem énumère ses lignes rouges, dont la plupart sont en opposition frontale avec les orientations défendues par Paris.

La révélation des nouveaux bilans bancaires au printemps prochain donnera la mesure des besoins de recapitalisation des établissements de la zone euro. « Nous ne savons pas quelle sera la facture, avoue Jeroen Dijsselbloem. Et je crains de n’avoir que très peu à offrir. »

Fin juin, les 17 ministres des Finances se sont accordés sur une enveloppe de 60 milliards d’euros, consacrés à la recapitalisation directe des banques, grâce à l’outil du mécanisme européen de stabilité.

« Ce chiffre est d’abord un message politique : nous n’interviendrons qu’en dernier, tout dernier ressort », insiste le Néerlandais. Et de doucher aussitôt l’option de rétroactivité, soutenue de longue date par l’Irlande, dont les plans de renflouement bancaires ont largement grevé ses finances publiques.

« Je ne vois pas de soutien politique (au sein de l’eurogroupe) pour rendre la recapitalisation « rétroactive », lâche-t-il. Le 21 juin, les 17 estimaient que cette possibilité serait offerte au « cas par cas ».

Le ministre des Finances jette deux autres pavés dans la mare, excluant tout effacement de dette grecque et rejetant la mise en place d’un président stable de l’eurogroupe, marotte chère à Paris. « Je ne suis pas favorable à une présidence à temps plein. Nous avons déjà assez d’institutions et de présidents à Bruxelles. »