Le président serbe se rendra à nouveau à Bruxelles pour discuter de la normalisation des relations avec le Kosovo

Sur fond de tensions après les récentes élections dans une région à majorité serbe du Kosovo, le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré qu’il se rendrait à Bruxelles mardi prochain (2 mai) afin de poursuivre les discussions sur la normalisation des relations avec Pristina.

EURACTIV Serbie
Serbian president holds presser on Kosovo local elections aftermath
« Le peuple serbe a montré qu’il recherchait une approche complètement différente de la communauté internationale » dans la résolution de ce conflit, à savoir « le respect, un véritable dialogue, et non l’imposition de solutions », a affirmé le président serbe Aleksandar Vučić. [EPA-EFE/ANDREJ CUKIC]

Sur fond de tensions après les récentes élections dans une région à majorité serbe du Kosovo, le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré qu’il se rendrait à Bruxelles mardi prochain (2 mai) afin de poursuivre les discussions sur la normalisation des relations avec Pristina.

Au total, 19 bureaux de vote ont été ouverts à Mitrovica Nord, Zubin Potok, Zvecan et Leposavić, mais sur environ 45 000 habilitées à voter, seulement 1 567 se sont présentées aux bureaux de vote dimanche dernier (23 avril), selon la Commission électorale centrale (CEC).

M. Vučić affirme que seuls 13 Serbes se seraient rendus aux urnes, et très peu d’Albanais (449) auraient voté. En outre, parmi ces derniers, une bonne partie d’entre eux ne vivent pas dans la région, a ajouté le président serbe, sans toutefois étayer ses propos par des preuves.

Dans les quatre communes, des candidats albanophones l’emportent, et le parti Autodétermination (Vetëvendosje!) du Premier ministre Albin Kurti ainsi que le Parti démocratique du Kosovo (Partia Demokratike e Kosovës, PDK) sont en passe de prendre le pouvoir dans cette région à majorité serbe.

En s’abstenant de voter, « le peuple serbe a montré qu’il recherchait une approche complètement différente de la communauté internationale » dans la résolution de ce conflit, à savoir « le respect, un véritable dialogue, et non l’imposition de solutions », a affirmé M. Vučić.

Pour lui, ces élections ont montré « l’unité du peuple serbe ». En effet, les Serbes ethniques résidant au Kosovo « voulaient montrer qu’ils étaient là, mais qu’ils ne voulaient pas participer à ce cirque », a ajouté M. Vučić, mettant en avant ce qu’il a appelé un « soulèvement politique » du peuple serbe au Kosovo, qui ne tolérera pas l’oppression du régime de Pristina.

Le président serbe a reproché à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), mais également à l’UE et au groupe du Quint — dont font partie États-Unis, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie — de ne pas les avoir surveillé le déroulement des élections dans le nord du Kosovo.

Faisant référence à la récente vague de démissions de Serbes de souche au sein des institutions de Pristina, M. Vučić a déclaré « qu’aucun Serbe ne veut retourner dans les institutions » kosovares. « Nous voulons que notre voix soit entendue et vous ne pourrez pas travailler sans nous », a-t-il ajouté.

Le président serbe a également annoncé qu’il se rendrait à Bruxelles le 2 mai prochain, bien qu’il ne soit pas optimiste quant à l’issue du dialogue.

« Une période difficile nous attend. […] Bien sûr, rien ne sera résolu le 2 mai. Nous protégerons la position de notre peuple et la Constitution de la Serbie, et nous insisterons sur un véritable dialogue. Nous avons besoin d’une véritable conversation avec les Albanais », a conclu M. Vučić.

Bien que le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008, la Serbie refuse de reconnaître l’indépendance de son ancienne province depuis, un conflit qui alimente l’instabilité de la région.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]