Le président serbe sous le feu des critiques après un incident lors d’une manifestation d’étudiants
Le président serbe Aleksandar Vučić fait face à une plainte pénale pour incitation à la violence, déposée par une organisation de la société civile après qu’un conducteur a foncé sur une manifestation étudiante à Belgrade, blessant une femme.
Le président serbe Aleksandar Vučić fait face à une plainte pénale pour incitation à la violence, déposée par une organisation de la société civile après qu’un conducteur a foncé sur une manifestation étudiante à Belgrade, blessant une femme.
Jeudi 16 janvier, une voiture a foncé dans une foule rassemblée pour commémorer les victimes de la catastrophe du 1er novembre à Novi Sad. Le véhicule a heurté une étudiante, l’a projeté sur le capot, puis sur le toit, avant que cette dernière ne tombe au sol.
Les étudiants chargés de la sécurité se sont précipités pour aider la jeune femme et ont tenté d’empêcher le conducteur de s’échapper, mais celui-ci a pris la fuite.
Suite à ces événements, le mouvement de la société civile Go-Change a déclaré avoir déposé plainte contre Aleksandar Vučić. Ce dernier est accusé d’avoir, à plusieurs reprises, minimisé la responsabilité des conducteurs fonçant dans des manifestations, une façon directe d’encourager la violence à l’encontre des étudiants qui s’expriment pacifiquement.
Depuis des semaines, des étudiants de toute la Serbie organisent des manifestations et le blocage de certaines rues et autoroutes pour demander des comptes sur l’effondrement d’une partie de la gare récemment rénovée de Novi Sad.
Cet accident avait tué quinze personnes et en a gravement blessé deux autres.
Le 1er décembre dernier, après qu’un conducteur ait foncé dans une manifestation, Aleksandar Vučić avait remis en question le fait que ce dernier soit tenu pour responsable de l’incident. Il avait déclaré que l’homme « suivait son chemin », et que « ceux qui prétendent que de tels conducteurs devraient être arrêtés devraient s’asperger le visage avec de l’eau froide ».
Selon le mouvement Go-Change, le président serbe utilise les médias pour inciter à la violence, ajoutant que de telles déclarations « ne doivent pas rester impunies ».
La délégation de l’Union européenne (UE) en Serbie a réagi à l’incident, exprimant son inquiétude et appelant à une enquête immédiate. Elle a souligné que le droit de se réunir est un droit fondamental, qui doit être protégé lorsqu’il est exercé pacifiquement.
Le ministre serbe de l’Intérieur, Ivica Dačić, a déclaré que le suspect de l’incident avait été localisé 15 minutes après l’événement, et qu’il avait déjà été condamné sept fois pour des délits antérieurs.
[Édité par AB et LG]