Le prêt de réparation est le moyen « le plus efficace » de soutenir l’Ukraine, insiste Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne a présenté jeudi 13 novembre trois pistes pour soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine, réaffirmant sa préférence pour l’utilisation des avoirs souverains russes gelés, malgré l’opposition de la Belgique.
Au Parlement européen, Ursula von der Leyen a déclaré que le déficit budgétaire imminent de l’Ukraine, estimé à 65 milliards de dollars en 2026 et 2027, pourrait être financé par les États membres de l’UE en levant des fonds sur les marchés financiers en utilisant le budget à long terme de l’UE comme marge de manœuvre, ou directement par les capitales en levant elles-mêmes des fonds grâce à un « accord intergouvernemental ».
Elle a toutefois souligné que la troisième option, consistant à utiliser les actifs de la banque centrale de Russie détenus en Belgique et immobilisés peu après l’invasion de l’Ukraine en 2022 pour financer un « prêt de réparation », restait « le moyen le plus efficace de soutenir la défense et l’économie de l’Ukraine ».
Ce prêt de réparation est « le moyen le plus clair de faire comprendre à la Russie que le temps ne joue pas en sa faveur », a assuré Ursula von der Leyen. « Nous montrerons que, si nécessaire, nous sommes prêts à nous engager sur le long terme. »
Annoncé par la présidente de l’exécutif de l’UE dans son discours annuel sur l’état de l’Union en septembre, le prêt de réparation vise à mobiliser 140 milliards d’euros de liquidités associées aux actifs souverains russes détenus par Euroclear, une chambre de compensation basée à Bruxelles.
Ce projet est soutenu par l’Allemagne, la France et de nombreux pays de l’Est de l’UE, qui estiment qu’il s’agit d’un moyen indispensable pour soutenir Kiev à un moment où les budgets nationaux sont sous pression.
Mais l’option se heurte à une forte opposition de la Belgique, qui craint des représailles de la part de Moscou et une atteinte potentielle à la réputation d’Euroclear si le projet aboutit.
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a refusé de soutenir le prêt à moins que les risques financiers et juridiques associés à ce projet ne soient partagés entre tous les États de l’Union et que les autres États membres de l’UE qui disposent d’actifs souverains russes gelés s’engagent à les utiliser aussi.
Le nationaliste flamand s’est également opposé au projet de prêt lors du Conseil européen houleux du mois dernier, au cours duquel les dirigeants de l’UE ont finalement chargé la Commission d’élaborer des « options » pour soutenir l’Ukraine qui ne reposent pas nécessairement sur les actifs russes.
Depuis ce sommet, cependant, Ursula von der Leyen a refusé à plusieurs reprises de mentionner la possibilité que le déficit de financement de Kiev puisse être comblé par d’autres moyens, bien qu’elle ait admis que des « questions techniques » devaient être résolues pour apaiser les inquiétudes belges.
Une réunion entre des responsables belges et européens le 7 novembre dernier pour discuter des détails du prêt n’a guère abouti, selon des personnes au fait des discussions.
Les remarques d’Ursula von der Leyen jeudi interviennent alors que les ministres des Finances de l’UE se réunissaient à Bruxelles pour discuter des options de soutien à l’Ukraine.
« Pour être honnête, il me semble toujours que la meilleure solution serait le prêt de réparation », a déclaré la ministre danoise des Affaires économiques, Stephanie Lose, dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE, où se réunissent les ministres des États membres.
Stephanie Lose a ajouté qu’il était « naturel » que les ministres discutent « des options et […] des difficultés liées à chacune de ces options ».
« Nous parlons [d’une] somme d’argent considérable », a-t-elle expliqué. « Je reste optimiste quant à notre capacité à trouver des solutions en Europe. »