Le PS conserve le siège de Moscovici face au FN
Frédéric Barbier a mis un terme à la série de défaites du Parti socialiste au cours des législatives partielles depuis 2012. Le candidat a conservé de justesse face au Front national le siège laissé vacant par Pierre Moscovici dans le département du Doubs.
Frédéric Barbier a mis un terme à la série de défaites du Parti socialiste au cours des législatives partielles depuis 2012. Le candidat a conservé de justesse face au Front national le siège laissé vacant par Pierre Moscovici dans le département du Doubs.
Le candidat PS a conservé de justesse le siège de député occupé par l’actuel commissaire européen Pierre Moscovici. Frédéric Barbier a obtenu 51,43 % des voix et sa rivale FN 48,57 %, au terme d’un scrutin qui a plus mobilisé qu’au premier tour : le taux d’abstention a été de 50,93 % contre 60,44 % une semaine plus tôt.
« Le suffrage universel a rendu son verdict. Je serai le député de la quatrième circonscription, je serai le député de l’ensemble de la population de cette quatrième circonscription », a dit Frédéric Barbier devant les télévisions avant même la proclamation des résultats.
Ancien cadre EDF de 54 ans, il était le suppléant de Pierre Moscovici, dont le siège est devenu vacant après la nomination de l’ancien ministre de l’Economie à la Commission européenne, en novembre.
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Dans cette circonscription industrielle et rurale du Pays de Montbéliard, qui englobe Sochaux, le berceau du constructeur automobile Peugeot, Pierre Moscovici avait été réélu en 2012 avec 49,32 % des voix dans une triangulaire de deuxième tour.
Un score record pour le FN
« Je suis très contente du résultat obtenu ce soir face au candidat socialiste-UMP-centriste-vert-communiste qu’était M. Frédéric Barbier », a déclaré pour sa part Sophie Montel, qui avait obtenu 24,5 % des suffrages en 2012, en troisième position derrière le candidat UMP.
Arrivée nettement en tête dimanche dernier, la députée européenne et conseillère régionale de Franche-Comté a gagné plus de 6 000 voix entre les deux tours pour réaliser le score le plus élevé enregistré dans une partielle par un candidat FN.
« Ce soir, nous entrons dans une nouvelle ère, à savoir la fin du tripartisme, une bipolarisation de la politique française avec d’un côté le Front national […] de l’autre côté le reste, incarné par l’UMPS, les centristes, les verts qui se montrent à l’évidence incapables de gagner seuls », a-t-elle ajouté.
« Le Système UMPS est en passe de céder face à la dynamique du camp patriote ! Rendez-vous le 22 mars 2015 », a réagi Marine Le Pen sur Twitter, évoquant les élections départementales.
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« Je ne pavoise pas », assure Frédéric Barbier
Le nouvel élu a reconnu qu’il avait été élu dans un « contexte particulier » dans un bassin d’emploi touché par la désindustrialisation avec un taux de chômage à 12 %, après les attentats de début janvier dont la gestion a fait remonter la cote de l’exécutif. Dans ses derniers jours de campagne, il a aussi bénéficié du soutien du Premier ministre, Manuel Valls, et du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.
« J’ai probablement bénéficié de cette gestion parfaite […] Mais je vous le dis : si, bien sûr, j’apprécie ce soir ce succès, je ne me réjouis pas, je ne pavoise pas », a déclaré Frédéric Barbier.
« Certes, nous avons réussi à inverser une tendance. Mais nous n’échapperons pas à une analyse plus sérieuse. Le FN […] devient une réelle menace pour notre pays. Année après année, élection après élection, il progresse. A ce rythme, son ascension vers le pouvoir doit être prise très au sérieux », rappelle-t-il.
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Plusieurs responsables de l’opposition de droite et du centre avaient appelé à faire barrage au parti de Marine Le Pen après l’élimination au premier tour du candidat UMP, Charles Demouge.
Le scrutin a provoqué une valse-hésitation au sein du principal parti d’opposition entre les partisans du « ni PS, ni FN » et ceux du vote pour le candidat socialiste au nom du « front républicain ».
Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avait tenté de fédérer les deux points de vue en déclarant qu’il refuserait d’appeler à voter pour le candidat PS mais qu’il ne pouvait pas non plus faire élire un troisième député frontiste à l’Assemblée nationale.
Le bureau politique de l’UMP a finalement opté pour le « ni-ni », sans empêcher plusieurs ténors du parti, dont Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet, d’inviter les électeurs à voter pour Frédéric Barbier. Localement, le président de la communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard, le député UMP Marcel Bonnot, avait fait de même.
Le nouveau député PS a, dès le début de son discours, remercié nommément les responsables de la droite qui « se sont pour certains affranchis des décisions de groupe politique » pour appeler à voter pour lui.