Le PSE demande la création d’une agence européenne de la dette

A quelques heures du sommet de Bruxelles, les socialistes européens vont rendre public une position commune. A Paris, Martine Aubry et Poul Nyrup Rasmussen en ont annoncé les principaux points.

EURACTIV.fr

A quelques heures du sommet de Bruxelles, les socialistes européens vont rendre public une position commune. A Paris, Martine Aubry et Poul Nyrup Rasmussen en ont annoncé les principaux points.

Martine Aubry, a présenté, mardi 15 juin, les grands axes de l’accord qu’adopteront les leaders socialistes européens à la veille du Conseil européen, le 16 juin au soir. Aux côtés du président du parti socialiste européen (PSE), le Danois Poul Nyrup Rasmussen, la première secrétaire a posé un regard sévère sur les plans de rigueur qui concernent de nombreux pays d’Europe.

Les socialistes européens vont proposer un plan en trois axes. Premièrement, ils demandent une coordination des gouvernements partout en Europe pour aboutir à un «gouvernement économique». «Cela éviterait les pertes d’emploi massives provoquées par les plans », a souligné le président du PSE.

Deuxièmement, ils avancent l’idée d’une taxation des transactions financières, à hauteur de 0,05%. «Rien qu’en France, cela pourrait générer des recettes de 34 milliards d’euros par an. En Allemagne, les revenus d’une telle taxe combleraient la moitié du déficit», a affirmé Poul Nyrup Rasmussen. Il a annoncé qu’en octobre, tous les partis socialistes d’Europe déposeraient une proposition de loi allant dans ce sens dans leurs propres Parlements nationaux. Le taux d’imposition proposé par les socialistes est cinq fois plus élevé que celui avancé par Angela Merkel. Le 7 juin, la chancelière a proposé l’instauration d’une telle taxe à hauteur de 0,01% des transactions financières.

Enfin, les socialistes européens demandent la création d’une agence européenne de la dette. «L’idée est de rendre possible l’émission d’obligations européennes», a précisé le leader socialiste danois.

Crise de 1929

«L’austérité est une impasse», a martelé Martine Aubry, en regrettant que les États se plient à des plans de rigueur sous la pression des marchés. «Si tous les plans d’austérité prévus sont effectivement mis en œuvre, cela provoquera la perte de 5 millions d’emplois, dont 300 000 à 400 000 en France», a-t-elle déclaré. Elle a également jugé qu’ils pourraient avoir les mêmes conséquences pour l’Europe que la crise de 1929.

Elle s’est opposée au plan de réduction du déficit annoncé par le premier ministre François Fillon samedi 12 juin. «S’il diminue de 45 milliards d’euros les dépenses publiques, il n’atteindra pas 50 milliards de recette», a-t-elle jugé, avant de vanter les mesures allemandes consistant à «taxer les banques et les grandes entreprises». 

Elle a accusé Nicolas Sarkozy de provoquer la perte de crédibilité de la France aux yeux de ses partenaires européens, « mise à mal par des discours jamais suivis d’actes ». Et de citer l’exemple de l’envoi, dans la même semaine, d’une lettre commune franco-allemande réclamant l’interdiction des ventes à découvert, et le rejet, par les députés du groupe UMP, d’un amendement socialiste demandant l’interdiction effective de la vente de ce type de produits.

Par ailleurs, la première secrétaire du PS s’est montrée réservée sur la sanction consistant à priver un État de ses droits de vote s’il ne respecte pas les règles européennes en matière budgétaire. «Je préférerais que l’on soit sérieux dans les politiques que l’on mène plutôt que dans les sanctions», a estimé Martine Aubry. Avant d’ajouter : «Si cette mesure avait une chance d’être acceptée, la France n’aurait plus le droit de vote au Conseil.»